La publication du bulletin statistique de la dette publique à fin décembre 2025 met en lumière une réalité plus contrastée qu’il n’y paraît en République centrafricaine. Derrière des indicateurs globaux encore contenus, la montée des arriérés constitue désormais le principal point de fragilité des finances publiques. Leur stock a atteint 167,16 milliards Fcfa l’année dernière, soit près de 18% de l’encours total de la dette. Un niveau préoccupant qui traduit des tensions persistantes de trésorerie. Ces arriérés couvrent un spectre large : dettes envers les fournisseurs et entreprises publiques, engagements vis-à-vis du secteur privé, mais aussi arriérés sociaux, incluant salaires et pensions impayés. À cela s’ajoutent des arriérés extérieurs, plus limités mais pénalisants pour la crédibilité du pays auprès de ses partenaires.
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Ce niveau élevé des arriérés contraste avec le service de la dette qui exerce une pression de plus en plus forte sur les finances. Il s’établit à 91,67 milliards Fcfa en 2025, soit 31,54% des recettes publiques, bien au-delà du seuil communautaire de 20% fixé au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Malgré un taux d’exécution élevé (98,75%), signe d’un respect des engagements financiers, cette situation réduit considérablement les marges budgétaires de l’État dans la mesure où une part croissante des ressources est mobilisée pour honorer la dette, au détriment des dépenses sociales et des investissements. Et dans ce contexte, les indicateurs globaux de soutenabilité donnent une impression trompeuse de stabilité.
En effet, avec un encours de 908,13 milliards Fcfa pour un stock total de 1 075,29 milliards Fcfa, la dette publique représente 58,3% du PIB en 2025, un niveau inférieur au plafond communautaire de 70%. Une position confortable en apparence, puisque la structure même de la dette révèle des vulnérabilités. La dette intérieure domine largement (68,26% du portefeuille), portée par un recours accru au marché sous-régional. En 2025, l’État a levé 166,54 milliards Fcfa via les titres publics, contre seulement 47,40 milliards Fcfa de financements extérieurs. Si cette stratégie limite l’exposition au risque de change (la dette extérieure restant majoritairement concessionnelle), elle accroît en revanche le risque de refinancement.
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D’autant que les émissions sont concentrées sur des maturités courtes, notamment les obligations du Trésor assimilables (OTA) à 2 ou 3 ans. Résultat : la maturité moyenne du portefeuille s’établit à 5,8 ans, un niveau relativement faible qui entretient la pression sur la trésorerie à court terme. Ainsi, l’accumulation des arriérés apparaît moins comme un phénomène isolé que comme le symptôme d’un déséquilibre plus profond.

