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République centrafricaine : fin des exonérations à l’importation du riz et de la farine de blé

Cette mesure contenue dans la loi de finances 2024 aura de lourdes conséquences sur les prix de ces produits, en raison de la forte dépendance du pays aux importations. Les autorités décidant par ailleurs de taxer les huiles de cuisson, y compris celles en provenance du Cameroun, pourtant bénéficiant de la préférence tarifaire d'origine communautaire.

Pour l’exercice budgétaire 2024, la République centrafricaine (RCA) prévoit une hausse de ses recettes intérieures à 160 milliards Fcfa en 2024, après 140 milliards Fcfa l’année dernière. Le président de la République, Faustin Archange Touadera, a instruit le gouvernement de continuer de travailler en bonne intelligence avec les partenaires techniques et financiers pour poursuivre le chantier des réformes restantes, notamment une meilleure collecte des droits et impôts, la poursuite de la digitalisation de toutes les administrations financières afin de sécuriser les recettes de l’Etat et aussi lutter contre la fraude et la corruption. L’un des leviers à actionner pour plus d’efficacité, conformément aux recommandations formulées par le Fonds monétaire international (FMI) en octobre 2023, était la rationalisation des exonérations fiscales et le renforcement de la collecte de la TVA des recettes douanières, que le gouvernement considère également comme tremplin pour atteindre l’objectif ambitieux fixé en matière de recettes.  

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C’est dans cette logique que les autorités ont introduit dans la loi de finances de cette année, un certain nombre d’innovations, dont celle qui met fin à toutes les exonérations sur le riz et la farine de froment. Avant ces produits de consommation courante, cette mesure s’appliquait déjà depuis 2018 sur les tabacs, les carburants – y compris le Jet A1 et les lubrifiants – les consommables informatiques, les fournitures de bureau, les pièces détachées de tous types, les téléphones, les parfums et eaux de toilette, les désodorisants corporels et antisudoraux, les produits de beauté ou de maquillage, les montres bracelets, etc. Il faut dire, relativement à la fiscalité du riz, que la RCA, en 2013, a connu une baisse drastique de sa production de riz qui est descendue en déçà de 10.000 tonnes par an. Elle est conservée à ce niveau sur toute la décennie, notamment à cause des tensions sécuritaires. Ces informations, probablement les plus récentes, proviennent de la stratégie d’import-substitution des biens de cru produits dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), élaborée par le secrétariat permanent du Programme des réformes économiques et financières ( Préf-Cemac) en avril 2022.       

La même source renseigne que sur la période 2013-2020, la production moyenne annuelle du pays s’est établie à 7. 080 tonnes, alors qu’elle se situait à 21. 563 tonnes une décennie plus tôt, c’est-à- dire, entre 2000 et 2012, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) datant de 2021. Pour combler cet écart, souligne la Préf-Cemac, le pays a vu ses importations exploser pour atteindre un volume record de 13.928 tonnes en 2015. Les gains fiscaux-douaniers potentiels à réaliser par l’Etat centrafricain conformément à la levée des exonérations sur un produit comme le riz sont donc importants, même si les revers, notamment pour les consommateurs finaux , sera une hausse plus prononcée du kilogramme de cette céréale, qui coûte déjà entre 1500 Fcfa et 2000 Fcfa, après avoir connu une hausse de plus de 40% depuis 2022. L’essentiel de ses importations transitent par le Cameroun. Et, à la différence de son « grand voisin » où le kilogramme de riz de moyenne gamme coûte autour de 600 Fcfa, la Centrafrique subit des surcoûts au transport de ses produits, depuis les ports de Douala ou encore Kribi. 

Outre le riz et la farine de blé dur, cette levée des exonérations concerne également les huiles de cuisson, « y compris les produits bénéficiaires de la préférence tarifaire d’origine communautaire », précise l’article 16 de la loi de finances de 2024. Cette mesure vise donc également les huiles végétales en provenance du Cameroun, alors que celles-ci figurent sur la liste des produits bénéficiaires du régime préférentiel de la Cemac. 

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