En République centrafricaine, le collectif budgétaire annoncé par le gouvernement et qui était en chantier depuis le mois de juillet dernier est enfin sur la table des députés. Ses grandes lignes ont été présentées à l’Assemblée nationale le mardi 15 octobre, par le ministre des Finances et du Budget (Minfib), Hervé Ndoba. D’après le gouvernement, l’adoption de cette future loi de finances rectificative 2024 était devenue impérative, au vu de la nécessité de prendre en compte les financements extérieurs dont les conventions ont été signées après la promulgation de la loi des Finances initiale 2024, l’inscription des nouvelles dispositions relatives aux ressources domestiques et la nécessité de renflouer les crédits de certaines lignes budgétaires sensibles. Pour mettre ce réajustement en contexte, il faut rappeler que pour l’exercice en cours, les autorités centrafricaines se sont engagées à mobiliser les recettes intérieures à hauteur de 160,5 milliards Fcfa, à contenir le déficit primaire intérieur à 47,5 milliards Fcfa et à privilégier les dépenses en faveur des secteurs sociaux, pour un montant total d’au moins 22 milliards Fcfa.
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Ces engagements pris dans le cadre du programme de facilité élargie de crédit (FEC), « s’ils ne sont pas tenus, pourraient conduire à une suspension des appuis budgétaires attendus d’ici la fin de l’année de nos partenaires traditionnels », à savoir la Banque mondiale, le Fonds monétaires international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD), souligne le Minfib. D’après les chiffres clés de ce collectif budgétaire présentés par les services de communication de ce département ministériel, le nouveau budget de l’Etat est équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 292,77 milliards Fcfa, contre 291,8 milliards Fcfa dans la loi de finances initiales. La hausse espérée dans l’optique de dégager un espace budgétaire à allouer aux secteurs sociaux et aux entreprises, voire simplement de porter à la hausse les dépense d’investissement, est au final très modeste (un peu moins d’un milliard Fcfa). Les ressources propres sont dimensionnées à 162,5 milliards Fcfa, réparties par régie de la manière suivante : Direction générale des douanes et des droits indirects (67,5 milliards Fcfa), et Direction générale des impôts et des domaines (65,5 milliards Fcfa), Direction générale du trésor et de la comptabilité publique (29,5 milliards Fcfa).
Dette publique
Les ressources extérieures à mobiliser, elles, sont projetées à 130,27 milliards Fcfa. L’Etat centrafricain projette une baisse de 0,81% sur ce chapitre, comparativement à la loi de finances initiale. Cette situation trouve son explication dans la baisse annoncée des dons projets de 91,64 à 90,96 milliards Fcfa et des emprunts de 6,5 à 5,91 milliards Fcfa. Loin du budget susmentionné, les autorités évaluent, en effet, à 322,59 milliards Fcfa les charges totales, charges qui d’après elles connaîtront une légère augmentation de 0,78% à la fin de l’exercices. Celles-ci se décomposent ainsi qu’il suit : dépenses primaires (210,48 milliards Fcfa), dépenses d’investissement (12,75 milliards Fcfa) et charges financières (15,23 milliards Fcfa). Dans ce collectif budgétaire, les ressources de trésorerie enregistrent une réduction de 25%, passant de 200 à 150 milliards Fcfa, tandis que les charges de trésorerie passent de 58,76 milliards Fcfa dans la loi de finances initiale à 97,85 milliards Fcfa, soit une hausse de 66,54%.
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Au regard de ces prévisions, le solde global est déficitaire de 29,82 milliards Fcfa, ce qui représente 1,7% du Pib contre 1,6% dans le budget initial. Le Minfib assure que ce déficit sera entièrement financé par le solde excédentaire des opérations de trésorerie. Quant au solde primaire, il est déficitaire de 47,98 milliards Fcfa, ce qui correspond à 2,7% du Pib. « Ce niveau de solde primaire limite toujours la capacité de l’Etat à faire face au remboursement de la dette publique, d’où la nécessité de mobiliser davantage les ressources domestiques et maîtriser dans la mesure du possible, les dépenses publiques », indique le Minfib. Il conclut qu’au regard de la faible capacité financière de l’Etat, le gouvernement compte sur l’appui indispensable des partenaires techniques et financiers pour améliorer l’espace budgétaire encore très étroit et fragile.

