Au 31 décembre 2023, la Fonction publique civile centrafricaine compte au total 19 597 agents. En comparaison des 21 411 recensés au 31 décembre 2022 dans le nouveau fichier de contrôle physique qui est le document de référence pour la paie des fonctionnaires civils, resté stable depuis son adoption en décembre 2023, c’est près de 2500 noms qui ont été expurgés du fichier de la solde au terme du dernier toilettage ordonné par le Premier ministre, Félix Moloua. Ce résultat est « un symbole marquant le début de la rationalisation de la gestion des ressources humaines de l’Etat et de la maîtrise des effectifs », souligne le rapport d’activité sur l’état de la fonction publique centrafricaine en 2023.
Le document que vient de rendre public le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Mfpra), renseigne qu’avant le contrôle physique, le chiffre des effectifs connaissait une augmentation constante de 4,7% en moyenne chaque année. « Ce chiffre a été stabilisé dès la prise en main des inputs du fichier général par le Mfpra. Et il est resté autour de 21 000 de janvier à septembre. Puis (2) vint l’adoption du fichier du contrôle physique comme fichier de référence pour la paie. L’effectif est tombé alors à 19 646 en octobre, après que les agents fictifs restants – 1 256 ont été expurgés. L’effectif s’est stabilisé depuis autour de ce palier », peut-on y lire.
Au total, c’est 2 548 agents fictifs qui auront ainsi été démasqués au cours du dernier comptage physique, dont 1 812 déférés devant le juge d’instruction. Entre octobre et décembre 2023, l’effectif a été maîtrisé avec une moyenne de 19 458 fonctionnaires et agents de l’Etat, alors que le fichier pointait 21 211 en avril 2022. Les autorités se disent satisfaites du traitement « du phénomène des doublons qui, par le passé, a servi à des détournements de fonds publics », et expliquent que ce résultat a été obtenu grâce à l’implémentation d’un identifiant unique pour tous les personnels. « Désormais, en plus du numéro de matricule classique, le numéro de la carte nationale d’identité qui est biométrique contribue à l’identification du fonctionnaire dans le nouveau fichier », souligne le rapport.
Le récent toilettage du fichier solde de l’Etat en République centrafricaine, qui répond aux exigences du document de cadrage de la réforme administrative, notamment en ce qui concerne le pilier relatif aux transformations structurelles managériales. Celui-ci préconise la mise en place d’un cadre de gestion des ressources humaines de l’administration orienté vers les rendements et les résultats. « Aujourd’hui, ce sont les diplômes de l’agent candidat à l’entrée dans la Fonction publique qui déterminent la hiérarchie dans laquelle il sera classé, et donc le salaire qui lui sera versé ». Le gouvernement centrafricain trouve qu’il y a une déconnexion totale entre salaire et emploi occupé, qui amène à se demander « comment faire pour créer cette connexion emploi-salaire, c’est-à-dire, comment faire muter la Fonction publique centrafricaine de cette Fonction publique de carrière vers une Fonction publique d’emploi ? ».

