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Restructuration bancaire : l’Etat prend le contrôle de NFC-Bank

Le plan de restructuration de cette banque est en cours d’implémentation. L’Etat, désormais actionnaire de référence va y injecter 29, milliards pour la remettre sur les rails. Le nouveau tour de table est encore méconnu.

C’est l’omerta totale autour de la restructuration de la National Financial Credit Bank SA (NFC-Bank). Pourtant, le 30 mai dernier, s’est tenue une assemblée générale extraordinaire de cet établissement de crédit avec comme principal point inscrit à l’ordre du jour, l’entrée de l’Etat dans le capital. Si les actionnaires ont entérinés cette décision qui rentre dans le cadre du plan de restructuration de cette banque validé par la Cobac, les résolutions prises au cours de cette assemblée restent encore un secret de polichinelle. « Nous ne pouvons rien vous dire pour le moment ; après l’assemblée générale, les concertations se poursuivent pour l’implémentation des décisions. Vous aurez l’info le moment venu » nous répond sèchement un cadre au ministère des finances.

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Pour remettre cette banque sur les rails, le président de la république a instruit au mois de février dernier au gouvernement, dans le cadre de la restructuration de cette banque, d’y injecter 29,126 milliards de FCFA devant servir d’une part pour la recapitalisation et d’autres part pour garantir les créances impossibles de recouvrement. Une autre partie sera octroyée via des exonérations fiscales. Parallèlement à la reconstitution du capital, les titres des actionnaires devaient être placés sous séquestres. En position d’unique actionnaire, l’Etat, élirait donc, en fonction de ses critères, ceux qui désirent faire partir du nouveau tour de table en vue de parachever la nouvelle capitalisation.

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Le principe est acquis ! En attendant que cela soit rendu officiel, les actionnaires ont décidé d’entériner ce plan de restructuration qui fait désormais de l’Etat l’actionnaire majoritaire. Selon une source à la Commission bancaire d’Afrique centrale(Cobac) l’Etat du Cameroun a acquis 100% des parts ; se subrogeant ainsi à la totalité des actionnaires. L’information n’a pas été confirmée le ministère des finances, bras séculier de l’Etat dans le cadre de cette opération. Un cadre au sein de cette administration renseigne que d’autres entités font partie du nouveau tour de table. Un nouveau directeur général aurait même déjà été désigné, mais pas encore installé. Pour l’instant, les réunions se tiennent au ministère des finances pour la mise en œuvre effective du plan de restructuration de NFC-Bank.

Awanga sur le banc de touche

L’une des grosses attentes de cette assemblée Générale était le sort réservé aux 60% des parts que le milliardaire camerounais Zacharia Awanga détient dans le capital de NFC-Bank. Selon toute invraisemblance, ce dernier aurait été écarté du nouveau tour de table. La raison ? Il est pointé du doigt comme détenteur (par des entités parallèles) d’un important volume de créances douteuses, soit environ 4 milliards de FCFA ; lesquelles ont d’ailleurs plombé les performances de cette banque. « Seuls les actionnaires éligibles feront partie de la nouvelle capitalisation. Pour l’instant l’actuel PCA (Zacharia Awanga) ne l’est pas» explique notre source à la Cobac. Ce ne serait pas une première quand on sait que dans le cas de CBC, Yves Michel Fotso, n’avait eu droit qu’à une part très minoritaire avant de se départir lui-même. Par contre, est éligible la Mutuelle de Retraite Complémentaire des Agents Eneo(Murcas/ Fasa) détenteur de 22,84% des parts.

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Pour rappel, c’est depuis 2009, que NFC Bank est dans de sales draps. A cela est venue s’ajouter la crise dans le Nord-ouest et le Sud-Ouest où cette banque a une forte assise. Le 07 septembre 2017, le ministre des Finances, adressant une correspondance à la direction générale de NFC Bank, déplorait déjà l’instabilité dont faisait montre son agence Bamenda de NFC Bank. Et comme si ça ne suffisait pas, la banque a été frappée en juillet 2019 d’une amende d’un milliard de F CFA par la Beac. Motif : non rétrocession de devises collectées.

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