Africa Golden Bank (AGB) a ouvert ses portes le 15 juillet dernier dans la capitale économique Douala, devenant ainsi la 19e banque commerciale en activité au Cameroun. L’arrivée de cet autre acteur va non seulement accroître la concurrence dans un secteur bancaire national réputé dynamique, mais aussi et surtout renforcer les actifs des nationaux sur le marché f inancier encore largement dominés par les multinationales étrangères. AGB devient, en effet, la 8e banque à capitaux majoritairement camerounais.
L’entrée en activité de cet établissement de crédit dont le projet de création a été mené dans la plus stricte discrétion depuis plusieurs années avant d’être ébruité pour la première fois par la presse en 2022, est la concrétisation d’un rêve porté par le milliardaire Samuel Foyou, qui dispose déjà d’un empire tentaculaire dans nombre de secteurs de l’industrie au Cameroun. Avant Africa Gold Bank, l’homme d’affaires de 66 ans qui est présenté comme l’une des plus grosses fortunes du pays trônait déjà à la tête d’un consortium industriel de plus de 10 entreprises, dans des secteurs aussi variés que l’agroalimentaire et les spiritueux (Sotracel, Biscuiterie Samuel Foyou, Brasseries Samuel Foyou, Fermencam…), de l’imprimerie (Moore Paragon), de la menuiserie industrielle et d’entreprise. C’est également le propriétaire de l’entreprise Unalor, spécialisée dans la production des allumettes et des bougies, rachetée à feu Victor Fotso.
A l’international, le natif de Batié dans la région de l’Ouest est un acteur de premier plan dans le domaine de l’import-export, notamment au Congo et en Angola. Par ailleurs, le Groupe Foyou, grâce à sa stratégie de diversification basée sur l’innovation et sur le développement sur le plan national et international, a investi dans le secteur de l’hôtellerie, d’abord en Afrique du Sud, où il détient à travers sa filiale Krystal Palace & Resorts, la plus grande part du capital de l’hôtel 5 étoiles Krystal Beach de Cape-Town ; puis à Douala où il a inauguré le deuxième 5 étoiles du Cameroun, l’hôtel Krystal Palace, en l’occurrence, en décembre 2021. Le deuxième 5 étoiles de sa chaîne hôtelière est en cours de construction à Yaoundé. Pour ses premiers pas dans l’univers bancaire, 10 mois après l’obtention de l’agrément de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), Samuel Foyou a fait démarrer Africa Golden Bank sur des chapeaux de roue.
Si pour le moment la seule agence fonctionnelle est celle de Bonanjo, qui fait également office de siège social de la banque, quatre autres représentations de la structure vont entrer en scène incessamment, soit deux à Douala et deux à Yaoundé. L’arrivée d’AGB dans le secteur financier suscite énormément d’espoirs dans le monde des affaires.
Le passé glorieux de capitaine d’industrie de son promoteur lui donne une longueur d’avance en termes de maîtrise des enjeux du secteur bancaire, spécialement en ce qui concerne l’accès au financement des entreprise. Comme souligné lors de la dernière rentrée du patronat par le président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), Célestin Tawamba, les banques camerounaises prêtent très peu à l’économie. Une réalité qui tranche net avec la réputation d’établissements en situation de surliquidité, qui a obligé la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), à mettre en place une politique de ponction de la liquidité excédentaire depuis deux ans. Financer de manière accrue le secteur privé, en l’occurrence, est un crédo qui pourrait bien convenir à Africa Golden Bank, qui a dans son tour de table d’autres magnats qui font l’économie camerounaise.
L’on y retrouve, par exemple, le très discret Sylvestre Ngouchinghe, patron de Congelcam, leader dans la distribution du poisson et des produits de mer au Cameroun et en Afrique centrale, ou encore Thimoté Gamo, patron des quincailleries Cogeni. L’entrée tonitruante de Samuel Foyou dans le secteur bancaire se traduit aussi par son ambition d’entrer dans le capital de Commercial Bank Cameroon (CBC), mise en vente par l’Etat du Cameroun. L’opération qui enregistre de nombreuses candidatures pour la reprise des 51% des parts mis en jeu devait initialement être bouclée fin septembre dernier, selon l’agenda du ministre des Finances.

