Les relations entre le Gabon et la Türkiye prennent un nouveau tournant. Une dynamique relancée à l’occasion de la visite d’État de trois jours (du 30 juillet au 1er août 2025) effectuée par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema à l’invitation de son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan. Le point culminant de ce séjour ayant été matérialisé le 31 juillet 2025, avec la signature de huit accords de coopération entre le Gabon et la Türkiye, couvrant divers domaines stratégiques.
Dans le détail, le premier accord porte sur le secteur énergétique, un levier stratégique pour le développement économique du Gabon. Il formalise un partenariat entre le ministère gabonais de l'Accès Universel à l'Eau et à l'Énergie et la société turque AKSA Enerji Uretim A.Ş., en vue de concevoir, financer, construire et exploiter une centrale thermique à gaz à cycle combiné d’une capacité de 1 Gigawatt, ainsi que les infrastructures de transport associées. Ce projet apparaît comme une réponse structurante aux défis chroniques du secteur, marqué par des coupures d’électricité récurrentes. En effet, le Plan national de développement pour la transition estime à 704 MW la capacité installée en 2023 au Gabon, pour une demande évaluée à 1 039 MW, soit un déficit structurel de près de 336 MW.
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Le second accord scelle un rapprochement économique entre les deux pays. Il prévoit la création d’un Conseil d’affaires Gabon–Türkiye, fruit d’un partenariat entre le Conseil des Relations Économiques Internationales (DEIK) et la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG). Parallèlement, la DEIK a signé un autre accord avec l’Agence Nationale de Promotion des Investissements du Gabon (ANPI-Gabon), afin de renforcer la coopération bilatérale dans la promotion des investissements et des opportunités commerciales. Ces initiatives visent à structurer durablement les échanges économiques entre Libreville et Ankara. A ce sujet, en 2020, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays s’élevait à près de 72 millions de dollars, dont 51,5 millions d’exportations turques vers le Gabon et 20,3 millions d’importations en provenance de ce pays membre de la CEMAC.
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Le secteur extractif tire son épingle du jeu
Les secteurs des hydrocarbures et des mines ont fait l’objet de trois protocoles d’accord dont l’un porte sur l’exploration, la production, l’investissement et le développement du gaz et du pétrole au Gabon. Selon Libreville, les accords signés s’inscrivent dans la politique gouvernementale qui vise à accroître les capacités de production pétrolière et gazières du pays, estimées respectivement à 11,7 millions de tonnes et 422 300 m3 en 2024 selon le Tableau de Bord de l’économie gabonaise publié par le ministère de l’Economie. De quoi accroître les recettes issues des ressources du secteur extractif qui contribuent à hauteur de 23% dans le Produit intérieur brut et à 46,3% dans les revenus de l’Etat selon le rapport sur l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives au Gabon de 2021.
Le social aussi
Le volet social n’a pas été en reste dans les accords de coopération conclus entre le Gabon et la Türkiye. Deux protocoles ont été signés dans ce domaine : le premier porte sur la coopération en matière de santé militaire, avec pour objectif le renforcement des capacités humaines ; le second concerne l’éducation, l’enseignement professionnel et technique ainsi que la formation. Ces accords s’inscrivent dans la volonté des autorités gabonaises d’améliorer l’accès à une éducation de qualité et à des soins de santé performants pour l’ensemble de la population.

