elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Scandale immobilier: ces privilégiés de l'Etat

Tel qui passe des mois dans une suite de l’hôtel le plus cher de la capitale, tel autre qui refait sa résidence de fonction à coups de milliards ; le gouvernement dépense sans compter pour donner un logis à ceux qui tiennent les manettes du pouvoir. Ceci, alors que les institutions dont ces personnalités ont la charge n’ont pas souvent de bureaux.

Publiée mercredi 31 octobre 2018 à 17:13:44Modifiée mercredi 14 novembre 2018 à 08:29:19Temps de lecture 10 minPar EcoMatin

habitat
Villa, duplex, impossible de le savoir pour le moment. Mais une chose est certaine, dans huit mois c’est-à-dire au plus tard en juillet 2019, le président du Conseil Constitutionnel, Clément Atangana, aura le bonheur de dormir du sommeil du juste dans une résidence fraîchement sortie de terre. Le logement de fonction en question sera bâtit à Bastos, l'un des quartiers les plus huppés de la ville de Yaoundé. Selon l’Appel d’offres national ouvert lancé par le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (Mindcaf), le coût prévisionnel de l’ouvrage est de 272 659 992 FCFA. Cet appel d’offres suscite depuis sa publication dans la presse, le 23 octobre, une vive polémique dans les médias et fait le buzz dans les réseaux sociaux. Certaines personnes ont vite fait le lien entre l’annonce du projet et la proclamation des résultats de la présidentielle, un jour plus tôt, y voyant une sorte de « récompense » du président Paul Biya à Clément Atangana, eu égard au coût jugé élevé de cette résidence. D’autres, s’étonnent que l’Etat délie ainsi les cordons de la bourse pour loger à grands frais le premier responsable d’une institution dont les membres manquent encore de bureaux. Ce n’est pas la première polémique du genre, en relation avec les dépenses consenties par l’Etat pour loger les personnalités. En décembre 2017, des informations révélées par le « National Weekly The Post » et l’hebdomadaire « Repères » sur le coût des travaux de réfection de la résidence de fonction du président du Senat, Marcel Niat Njifenji, ont provoqué un tollé au sein de l’opinion. Fin 2017 en effet, le président du Sénat a enfin aménagé dans sa résidence officielle de fonction, sise au quartier du Lac, non loin de l’Enam. Des lieux autrefois occupé par le général Pierre Sémengué, alors chef d’état-major des armées. Les travaux de réhabilitation de cet édifice imposant qui abrite aussi le cabinet du président de la Chambre haute du Parlement et l’ameublement auront coûté près de deux milliards de FCFA.
Autre polémique du genre, c’est le cas de l’ancien ministre des Finances, Essimi Menye, qui a passé quelque huit mois dans une suite au Hilton Hôtel de Yaoundé payé par le contribuable camerounais…
Depuis son élection en tant que sénateur en 2013, le président du Sénat continuait d’occuper sa maison personnelle, sise à la descente Vallée-Nlongkak à Yaoundé. D’après son entourage, il s’y sentait très à l’étroit. Si bien que, sauf impératifs professionnels, dès vendredi il s’empressait de rejoindre son vaste domaine de Bangangté, où il est tout à son aise. Autre polémique du genre, c’est le cas de l’ancien ministre des Finances, Essimi Menye, qui a passé quelque huit mois dans une suite au Hilton Hôtel de Yaoundé payé par le contribuable camerounais… Selon certains analystes, le logement est parfois considéré comme un bien tutélaire, c’est-à-dire un bien, comme la santé ou la culture, que les individus ne consommeraient naturellement pas en quantité suffisante, et ce à l’encontre de leur intérêt propre, ce qui justifierait un rôle paternaliste de l’État dans ce domaine. Bien plus, plusieurs  études  tendent à montrer que la qualité du logement a un impact certain sur la santé et les performances professionnelles ou scolaires. Comme quoi en dépensant sans compter pour loger les plus hautes personnalités de la République, l’Etat espère nettement améliorer leurs rendement. Quand l’Etat devient locataire La direction générale des Douanes au quartier Bastos à Yaoundé ; les services du ministère du Cadastre, des Domaines et des Affaires Foncières (Mindcaf) au quartier Elig-Essono à Yaoundé ; les services du ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee) au quartier Mvog-Ada, etc. Toutes ces administrations ont en commun d’être en situation de location. C’est à se demander si l’État est incapable de se loger. Selon des sources proches du ministère du Cadastre, des Domaines et des Affaires Foncières (Mindcaf), l’Etat occuperait actuellement plus 2000 locations administratives, qui lui coûteraient environ quelque deux milliard FCFA annuel en termes de loyer. Evolution des dépenses de l’Etat (en milliards de FCFA)
 20122013201620172018
Budget de l’Etat280032364234,74373,84513
Dépenses de personnel735802,5955,2998,5nd
Achats de biens et services577,2665667693,7nd
Transferts et subventions408,0497,5359367,2nd
Total dépenses en capital792,29571525,81586,91291,2
(dont) - Participations4545252027
- Réhabilitation / restructuration1520301510
- Interventions en investissement146134162,3232,28
- Opérations de développement725,45786,471336,81389,61021,92
(dont financement extérieur)281525625596
Pour le citoyen Lamda cette situation s’apparente à un «gaspillage» car cet argent que l’État verse à des bailleurs pourrait bien servir à résoudre un bon nombre de problèmes. Rose Ndjock, étudiante en médecine, ne comprend pas que l’État est le « premier propriétaire terrien de la Nation », peine aussi à loger ses services « comme s’il s’agissait d’une personne ordinaire. » quoique générale, la situation n’en est pas moins paradoxale, selon Perin Otho, responsable commercial. «Beaucoup de services publics sont en location, pas seulement ici à Yaoundé, mais également dans les autres villes du pays. Le contraste est que l’État dispose de nombreux bâtiments inexploités. Je pense que l’État ferait mieux de recenser ses différents bâtiments inexploités qui sont pour la plupart en état de décrépitude très avancée et voir comment les réhabiliter afin de les utiliser.» En effet, l’Etat dispose d’un important patrimoine immobilier constitué de 34 423 propriétés administratives inventoriées sur toute l'étendue du territoire ainsi que 68 propriétés administratives, 22 locations privées et 13 terrains non bâtis. Cet inventaire du patrimoine immobilier bâti de l’Etat n’englobe pas les propriétés à l’étranger, ni les propriétés de souveraineté que sont les palais présidentiels, les Services du Premier ministre, l’Assemblée nationale ou les ministères. Sont également exclus les bâtiments en ruine ou les chantiers inachevés. Selon les services compétents du Mindcaf, le parc immobilier est estimé à près de 6000 milliards de FCFA. Les trois quarts de ces propriétés seraient occupés par les services publics, le reste servant de logement des agents publics dont 5% au moins sont irrégulièrement occupés, indique-t-on du côté du Mindcaf. L’état des lieux réalisé en 2012 a mis en lumière «une dégradation accentuée de ces édifices». Plus de 70% du parc immobilier nécessitait alors «une intervention urgente», selon le Mindcaf. Les pouvoirs publics pointent ainsi l'inadéquation entre l'offre et la demande, des défis sécuritaires importants nécessitant une remise urgente en l'état dudit patrimoine immobilier. En termes d'actions correctives, le Mindcaf a préconisé la surveillance dudit parc immobilier à travers système de géolocalisation (GPS) ainsi que la rentabilisation de ces propriétés. L’opération d'estampillage et de réhabilitation, initiée depuis 2013 pour sécuriser les immeubles et autres locations acquis par l'Etat, a permis la réhabilitation complète de 44 édifices publics et logements administratifs ainsi qu’à l'estampillage de 18 036 propriétés.
Réduction du train de vie de l’Etat : les prescriptions du président de la République Dépenses de personnel : - «Comptage physique » des personnels de l’Etat pour les actifs et ayant-droits pour les pensionnés ; - Révision des textes disciplinaires de la fonction publique ; - Optimisation des recrutements dans la fonction publique ; - Rationalisation des dépenses liées au fonctionnement des Comités et Commissions ; - Vérification des actes juridiques qui donnent droit et l’évaluation rigoureuse de la demande des primes avant toute budgétisation des autres dépenses de personnel. Achats des biens et services : - Révision de la mercuriale des prix ; - Application de la nouvelle procédure de traitement des consommations d’eau publiques ; - Opérationnalisation de la mercuriale des prix de loyers contractés par l’Etat et ses démembrements ; - Définition des quotas de consommation de téléphone par administration et par responsable ; - Subvention de fonctionnement aux Etablissements publics administratifs ; - Évaluation judicieuse en tenant compte des besoins réels et de l’exécution des budgets antérieurs ; Dépenses d’investissement : - Accorder la priorité absolue à l’achèvement des projets en cours ; - Ne pas inscrire dans les budgets d’investissements des administrations, toute activité relevant du fonctionnement ; Acquisition des véhicules : - Réduction des crédits destinés à l’acquisition de nouveaux véhicules et la rationalisation de leur affectation.
  [related_posts_by_tax taxonomies="dossier"]

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Scandale immobilier: ces privilégiés de l'Etat
EtatPaul BiyaClément AtanganaMindcafMarcel Niat NjifenjiPierre SémenguéEssimi MenyelogeùentArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

bd9e5496-e167-4026-a0a1-7381329a6a4cPolitiques PubliquesRemaniement ministériel au Gabon : les sortants, les promus et les rescapés d'Oligui NguemaTrois jours après un Conseil des ministres consacré aux urgences économiques et sociales, la présidence gabonaise a dévoilé, dimanche 11 octobre, un nouveau gouvernement. Huit personnalités font leur entrée, cinq quittent l’exécutif et l’équipe gouvernementale passe de 29 à 32 ministres et ministres délégués.il y a 13 heuresimageresizePolitiques PubliquesLe Congo table sur 3 121 milliards FCFA de recettes budgétaires en 2027, en hausse de 12 %Le projet de loi de finances, approuvé en Conseil des ministres, repose notamment sur une production pétrolière attendue à 112 millions de barils et une accélération de la croissance économique à 6,9 %.il y a 2 joursChristian YokaRPolitiques PubliquesCongo : Brazzaville prévoit de tripler ses investissements publics en 2027Le Congo veut accélérer ses investissements dans les infrastructures, l'énergie et les transports en 2027. Pour soutenir cette ambition, le gouvernement prévoit une enveloppe de 680 milliards de FCFA, dont moins de la moitié sera financée sur ressources internes.il y a 2 joursEpremiumLe directeur général du Trésor du ministère des Finances du Cameroun Sylvester Moh TangonghoPolitiques PubliquesCameroun : Trésor Pay fait bondir de 130 % les recettes de services de 17 ministèresLa plateforme de paiement électronique Trésor Pay a généré 16,2 milliards FCFA au titre des recettes de services auprès de 17 administrations en 2025. Si ce résultat est le signe d'une embellie, la généralisation de cette réforme, introduite il y a trois ans, reste un défi majeur, dans un contexte où les recettes non fiscales annuelles du pays dépassent à peine la moitié de leur potentiel.il y a 3 joursEpremiumUAE-ECONOMY-GOLDPolitiques PubliquesRéserves : le Cameroun constitue un stock de plus d’une tonne de lingots d’or à la CDECLe Trésor public révèle l’existence d’un stock de plus d’une tonne de lingots confié à la CDEC, auquel viennent désormais s’ajouter de nouvelles quantités collectées dans le cadre du Projet GOLD.il y a 3 joursProjet IAPolitiques PubliquesCameroun : l'État relance, 12 ans après, le projet de complexe industriel agroalimentaire à Kaélé pour 23 milliards FCFAAnnoncé dès 2014 et toujours pas sorti de terre, le Complexe industriel agroalimentaire de Kaélé revient dans les plans du gouvernement. Yaoundé recherche désormais des partenaires pour financer, construire et exploiter ce projet de 23,2 milliards de FCFA, destiné à transformer localement les productions agricoles et animales de l’Extrême-Nord.il y a 3 jours

Articles similaires

Gregory ClercBusiness et EntreprisesCastel : Romy Castel gagne une étape judiciaire à Singapour, Grégory Clerc reste DG du groupeRomy Castel vient d’obtenir de la justice singapourienne la reprise en main du conseil d’administration d’IBBM, la société qui gère le fonds détenant indirectement les actifs du groupe. Mais Cassiopée, holding de tête du groupe, et DF Holding, sa holding opérationnelle, affirment qu’un processus était déjà engagé, avant cette décision, pour remplacer IBBM par un nouveau gestionnaire indépendant déjà sélectionné.il y a 1 semaineEpremiumimages (4)Banques et FinanceCameroun : l’État mobilise 300 millions FCFA pour amorcer le lancement d'un Institut professionnel de la microfinanceLe gouvernement camerounais veut accélérer la professionnalisation de son industrie de la microfinance qui fait aujourd’hui face à des fragilités persistantes.​il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1CEMAC : les pièces de monnaie émises entre 1958 et 1985 perdront leur cours légal dès le 1er novembre 2026il y a 2 jours2Banques et Microfinances : la COBAC prononce 93 sanctions et écarte 11 dirigeantsil y a 6 jours3Gabon : l’État place une société agricole sous administration provisoire après l’échec de sa dissolutionil y a 2 jours4Boissons du Cameroun : les actionnaires valident la fusion-absorption de Guinness Cameroonil y a 6 jours5Youssoufa Bouba : le banquier de l’ombre qui fait briller Afrilandil y a 3 jours6Cameroun : Perenco prépare le retrait de son unité flottante d’Eboméil y a 6 jours7Port de Kribi : le poisson congelé devient le 2e produit importé, porté par Congelcamil y a 6 jours8Cameroun : l'État relance, 12 ans après, le projet de complexe industriel agroalimentaire à Kaélé pour 23 milliards FCFAil y a 3 jours9Taoukreo Hemwue Temwa promu directeur national de la BEAC au Tchadil y a 4 jours10Grande distribution : au Cameroun, Carrefour reste déficitaire pour la deuxième année consécutiveil y a 4 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.