Nouveau rebondissement dans l’affaire du scanning des marchandises au port de Douala. Dans une lettre adressée au directeur général de Transatlantic D. S.A., opérateur exclusif du scanning des conteneurs dans l’enceinte de la place portuaire de Bonaberi depuis le 1er janvier 2026, Cyrus Ngo’o, Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD), annonce la suspension partielle du contrat de concession de l’opérateur camerounais. Cette nouvelle mesure qui réduit considérablement le champ d’action de Transatlantic, est relative à une instruction directe du gouvernement.
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« Dans le but de mettre en œuvre les directives de monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, telles qu'elles m'ont été notifiées par lettre de référence, et en réponse à la correspondance du Ministre des Finances susvisée, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir suspendre partiellement à compter de ce jour, jusqu'à nouvel ordre, l'exécution de certaines clauses du Contrat de Concession, conclu le 25 novembre 2025 entre le Port Autonome de Douala et Transatlantic D. S.A., relatif à l'inspection intégrale par scanner des flux import/export transitant par le Port de Douala-Bonabéri », écrit le DG du PAD.
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Dans sa correspondance, Cyrus Ngo’o précise cependant que les interventions de la société camerounaise devraient dorénavant se limiter à l'inspection par scanner du reste des flux import/export, marchands et non-marchands, qui ne sont pas opérés par l’entreprise suisse Société Générale de Surveillance (SGS), concessionnaire initial du scanning sur la plateforme portuaire. De fait, la part du travail léguée à Transtatlantic D consiste au scan des véhicules, conteneurs vides et conteneurs hors-gabarit débarqués au Terminal à Conteneurs ainsi que le « trafic vrac solide non-conteneurisé » traité dans les autres terminaux.
La fin d’un bras de fer institutionnel ?
Ceci viendrait mettre un terme à un bras de fer qui tient depuis plus deux mois sur la place portuaire au sujet du scanning de marchandises. Pour mémoire, le Port Autonome de Douala a signé, le 25 novembre 2025, un contrat de concession avec Transatlantic D. S.A., en marge de l’entrée en vigueur du nouveau système « 100% scanning » prévu le 1er janvier 2026. Cette mission stratégique, qui conditionne la sécurité, la lutte contre la fraude douanière et le suivi des marchandises, était jusqu'alors assurée par SGS S.A., multinationale helvético-genevoise de référence dans le domaine de l'inspection et de la certification. La passation entre les deux opérateurs aurait dû être une simple transition technique. Elle se transforme en un affrontement institutionnel inédit entre le ministère des Finances et les autorités portuaires.
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Entre Transatlantic approuvée par l’Autorité portuaire nationale (APN) et SGS maintenue par le Premier ministère, la présence simultanée et non coordonnée de deux opérateurs sur la place portuaire a engendré des anomalies opérationnelles majeures. Congestion des terminaux et retard d’approvisionnement, conflits d'attributions et désorganisation profonde de la chaîne logistique, double facturation des opérations… sont entre autres frictions qui ont pénalisé directement la fluidité du passage portuaire.
Apaiser les tensions
Ainsi, la décision de Cyrus Ngo’o apparaît comme un mécanisme d'atténuation d’urgence mis en place afin de calmer les tensions des industriels et rétablir les activités qui ont été fortement impactées par la crise du scanning des marchandises. En effet, au début du mois de février, le Syndicat des Industriels du Cameroun (Syndustricam) a tiré la sonnette d’alarme face aux « graves perturbations » qui affectent le processus de scanning des conteneurs au Port de Douala-Bonabéri. Une dizaine de jours plus tard, le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) a menacé, de bloquer les déclarations douanières dès ce lundi 16 février « en l’absence d’une issue définitive à cette crise ». Une action qui mettrait en péril les activités de la plateforme traitant plus de 80 % des échanges extérieurs du Cameroun, avec un impact sur la stabilité économique nationale.
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A noter qu’au-delà des entreprises, la crise du scanning au Port autonome de Douala ont également pesé lourd pour les finances publiques. Des experts du secteur estiment qu’une journée de perturbation liée au scanning ferait perdre environ 1,5 milliard FCFA de recettes à l’État. Une situation d’autant plus préoccupante que, selon des données officielles, les failles du dispositif de contrôle et la contrebande feraient déjà perdre près de 200 milliards FCFA par an aux Douanes camerounaises.
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