« Architecture financière de développement stable du secteur de la Microfinance à l’aube de l’Emergence du Cameroun : Enjeux et perspectives ». C’est le titre du nouvel ouvrage du Camerounais Serge Lionel Nkoum Me Nkoum. Dans ce livre publié aux éditions Monange, préfacé par le ministre des Finances Louis Paul Motaze et introduit par Moh Sylvester Tangongho (DG du Trésor, de la Coopération financière et monétaire), le commissaire de la Cobac pour le Cameroun analyse en 230 pages les défis et opportunités des établissements de microfinance (EMF) au Cameroun, un levier clé de développement et de lutte contre la pauvreté.
D’entrée de jeu, il pose un diagnostic du secteur de la microfinance dans son pays. L’autopsie réalisée permet de relever une évolution instable du nombre d’EMF au cours des huit dernières années. A titre d’exemple, l’on est passé de 412 établissements de microfinances en 2016 puis 500 enregistrés en 2017 pour chuter à 378 en 2023. Un chiffre qui franchit à peine la moitié des 750 EMF visés à l’horizon 2030 dans le cadre de la stratégie nationale de développement. Cette évolution en dents de scie se répercute sur le nombre de comptes clients, l’encours des dépôts collectés ainsi que les crédits octroyés par les EMF au cours de la période d’étude de l’ouvrage. Le livre souligne également une évolution timide du poids du secteur de la microfinance dans le secteur bancaire avec une contribution de 10,45% en 2023 contre 17,2% huit ans plus tôt.
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Dans la même veine, « sur le plan du niveau de respect des normes prudentielles Cobac et sur la base des états financiers et informations fournies par les EMF, aucun établissement ne respecte toutes les normes ». En service à la Direction générale du Trésor, l’auteur passe également au peigne fin les entraves majeures au développement stable du secteur de la microfinance. Il s’agit notamment de l’absence d’agrément, l’impact négatif de la crise sécuritaire sur la santé financière des EMF dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui concentrent 40% du nombre total des EMF agréés au Cameroun. A ces griefs viennent s’ajouter l’absence d’un fonds de stabilité et développement du secteur ainsi que les avis contrastés sur la fiscalité qui impacte négativement sur la rentabilité de certains EMF.
Administrateur civil, Serge Lionel Nkoum Me Nkoum évalue la réglementation Cemac/Umac/Cobac pour en retenir l’impact dans le fonctionnement des EMF. Il en ressort par exemple que, 4 ratios prudentiels sur 16 les plus connus par les responsables des EMF tandis que 09 d’entre eux enregistrent un défaut de compréhension au moins égal à 15% notamment, la couverture des immobilisations, la couverture des crédits par les ressources disponibles, le plafonnement de crédits, etc.
Dans un contexte où « le poids du secteur de la microfinance dans le secteur bancaire reste encore faible en termes de taille, de mobilisation de l’épargne, de financement de l’économie nationale et de bancarisation de la population » comme le relève le ministre Louis Paul Motaze à la préface, Serge Lionel Nkoum Me Nkoum propose une nouvelle architecture. Celle-ci repose principalement sur l’idée de mettre en place un Fonds de stabilité et de développement du secteur de la microfinance comme modèle financier propice à la transformation structurelle du système financier. « Le Fonds de développement du secteur de la microfinance s’il est mis en place, aura un effet positif significatif au seuil de 1% sur la taille des EMF (total bilan), la mobilisation de l’épargne (dépôts collectés), le financement bancaire de l’économie (crédits accordées), les créances en souffrances et le niveau de bancarisation de la population (nombre de comptes ouverts dans le EMF », écrit l’auteur du livre dont la cérémonie de dédicace a eu lieu le 17 avril dernier au campus de l'Enam à Yaoundé.
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