Conjoncture
A la Une

Services postaux : les opérateurs privés au banc des accusés

Le 12 octobre dernier, lors de la cérémonie de signature d’une convention de partenariat entre la Cameroon Postal Services (Campost) et 18 opérateurs privés offrant des services de messagerie, la ministre des Postes et des télécommunications (Minpostel), Minette Libom Li Likeng a implicitement invité les structures qui fonctionnent dans l’illégalité à se conformer à la réglementation en vigueur

Des lendemains meilleurs se profilent à l’horizon pour la Cameroon Postal Services (Campost), l’opérateur public postal camerounais. Le contrat de partenariat qu’elle vient de signer avec 33 entreprises privées (UPS, Bolloré, des agences de transport interurbain desservant les villes du pays, Afriligth Logistic) offrant des services de messagerie va lui permettre de renflouer ses caisses. En effet, selon l’accord qui a été passé entre les différentes parties, le postier de l’Etat concède des activités de messagerie aux opérateurs privés contre une rémunération prélevée sur le chiffre d’affaires. «Dans les mécanismes de compensation du service postal universel (SPU) assuré par la Campost sur le territoire national, l’État a concédé à la Campost l’exclusivité des services réservés ci-après : la collecte, le tri, l’acheminement et la distribution des envois de correspondances, nationaux et internationaux, pour le courrier ordinaire dont le poids n’excède pas 500 g ; le courrier accéléré national dont le poids n’excède pas 100 g.» révèle la Campost.

Lire aussi : Services financiers : la Campost veut mettre en place une banque postale

Toutefois, Conscient des exigences liées à l’accomplissement de ses missions de service public universel, et en vue de la réalisation efficiente de ses missions de service public, «la Campost peut faire exécuter sous convention particulière avec d’autres opérateurs, tout ou partie de certaines activités relevant du domaine réservé». Une petite bouffée d’oxygène pour cette entreprise publique  dont la situation financière se dégrade progressivement depuis plus de 10 ans.  En 2020, selon des données fournies par la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public, elle a enregistré des pertes de l’ordre de 10 milliards. Cependant, les revenus issus de ce type de partenariats encadrés par la loi du 23 avril 2020 régissant l’activité postale au Cameroun, pourraient être plus conséquent, si certains opérateurs privés se décident  à se conformer à la réglementation en vigueur.

Lire aussi : Service postal : l’Etat du Cameroun veut migrer vers la digitalisation

Minette Libom Li Likeng, ne s’est d’ailleurs pas privée d’une implicite mise en garde à l’endroit de ces derniers au cours de la cérémonie évoquée supra. «Vous pouvez désormais envoyer un courrier de moins de 100 g auprès de ces opérateurs. Il faut que les Camerounais sachent que ces courriers qu’ils vont envoyer auprès des agences de voyage, des structures non autorisées, ils le font en toute illégalité», a-t-elle déclaré. Le membre du gouvernement va également rendre publique, la liste des opérateurs privés autorisés à mener des activités sur le segment de la messagerie, jadis exclusivement réservé à la Campost. Que va-t-il advenir des opérateurs privés qui persistent dans l’illégalité? Y aura-t-il des mesures de rétorsion à l’endroit de ces derniers. Les démarches que nous avons entreprises auprès du Minpostel n’ont pas trouvé satisfaction.

Lire aussi : Messagerie postale : 25 entreprises contestent le leadership de la Campost

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page