Au cours de la campagne cacaoyère 2023-2024, la quantité de fèves de cacao transformée au Cameroun s’établie à 85 789 tonnes, selon le bilan de ladite campagne publié par l’Office national du cacao et du café (Oncc). De ce volume, 85 671 tonnes ont été transformées dans les usines industrielles et 117 109 kg ont été enregistrées à l’entrée des unités artisanales. A l’observation sur les dernières campagnes, la campagne cacaoyère 2023-2024 affiche la première baisse du volume de fèves transformées localement particulièrement sur le segment de la transformation industrielle. Si le document ne renseigne pas sur les raisons de cette baisse, il est important de souligner que 6 entreprises sont actives dans la transformation de fèves de cacao en produits semi-fini ou finis.
Dans le détail, l’activité industrielle dans la filière cacao a évolué passant de 60 405 tonnes durant la campagne 2019-2020 à 62 341 tonnes en 2020-2021 (+3,3%) avant de bondir à 86 850 tonnes la saison d’après (+39,3%) grâce à l’arrivée d’un nouvel opérateur. En effet, durant les 2 premières saisons, le secteur était constitué de 4 acteurs : Sic Cacao, Chococam, Ferrero Group et Neo Industry avant le lancement, au cours de la campagne 2020-2021, des activités de Atlantic Cocoa. La campagne suivante (2022-2023) a enregistré une plus légère hausse de volume transformé en usine à 89 204 tonnes, soit 2,7% malgré l’entrée en service d’un 6ème transformateur : Africa Processing Company (APC), installée à Mbankomo.
Moins de 50% de la production transformée
Malgré une bonne santé apparente du secteur, il faut noter que le taux de transformation est largement en dessous de la barre de 50% de la production nationale que le gouvernement et les acteurs de la filière s’étaient fixés à l’horizon 2020 dans le cadre du plan de relance des filières cacao-café, qui ambitionnait également de porter la production cacaoyère nationale à 600 000 tonnes. Sur les 266 725 tonnes commercialisées, seules 85 789 ont été transformées sur place, environ 32%.
La capacité installée de transformation du cacao avoisinant 190 000 tonnes, l’activité est portée par la Sic Cacao, enseigne locale du Suisse Barry Callebault qui contrôle 70% de parts de marché avec une capacité de 56 000 tonnes. Chococam, filiale du Sud-africain Tiger Brands, suit directement avec des usines d’une capacité totale de 50 000 tonnes installées dans les mégalopoles camerounaises (Yaoundé et Douala), puis Atlantic Cocoa de l’Ivoirien Koné Dossongui dont l’usine de traitement est installée sur la zone industrielle du Port de Kribi avec une capacité annuelle de 48 000 tonnes extensibles à 64 000 tonnes. Le Camerounais Neo Industry ferme la liste des gros transformateurs avec son usine installée à Kekem, région de l’Ouest et qui dispose d’une capacité installée de 32 000 tonnes. Pour leur part, Ferrero Group et APC transforment respectivement 1 000 tonnes et 100 kg de cacao.
Soulignons que, le Cameroun prévoit de construire dix nouvelles unités de transformation pour augmenter la capacité actuelle de transformation parmi lesquelles la chocolaterie Chocolat Rouge du Français Olivier Bordais qui devrait ouvrir une usine à Obala, région du Centre au courant de l’année 2024.
Au-delà du chocolat, la transformation du cacao permet d’obtenir de nombreux sous-produits, comme la poudre de cacao, la confiture, tourteaux ou encore le beurre de cacao principalement destinée à l’exportation. Pour l’exercice 2023, le Cameroun a exporté 73 236 tonnes de produits dérivés du cacao, dont 49 411 tonnes de pâtes de cacao et 23 825 tonnes de beurre de cacao générant des revenus globaux de 153 milliards de Fcfa, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS).

