Au Cameroun, Elite Capital Securities, société de bourse agréée par la Commission de surveillance des marchés financiers (Cosumaf) en 2021, vient d'être désignée « teneur de compte conservateur » des valeurs immobilières de la Société Immobilière du Cameroun (SIC). L’information est contenue dans un communiqué rendu public ce 14 juin 2024 par Ahmadou Sardaouna, le Directeur général de la SIC. Cela s’inscrit dans le cadre du processus de dématérialisation des actions de cette société à capitaux publics, conformément à la loi de 2014 y afférente. D’après ce texte, les valeurs mobilières, c’est-à-dire les actions (parts du capital social d’une entreprise qui donnent droit à des dividendes et au pouvoir de voter en assemblée) ou les obligations (dettes dues par l’entreprise), doivent être sous forme électronique.
Ainsi, Elite Capital va apporter son expertise dans l’exécution des étapes liées aux processus pré et post dématérialisation des titres des actionnaires. « Elite Capital va gérer les comptes des actionnaires de la société puisque l’Etat a demandé de dématérialiser. Lorsque vous êtes actionnaires, vous faites une souscription puis, on vous donne un titre physique qui est très souvent nominatif. Maintenant, on demande de dématérialiser ; on dépose cela à la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) et ça va s’inscrire dans les comptes. Ainsi, les jeux d’écriture seront représentatifs de ce qu’on appelle les actions. Et pour gérer ça, on a besoin des intermédiaires financiers qu’on appelle les teneurs de compte conservateur », explique une source à l’interne.
Pour le moment, on n’a pas pu avoir une idée exacte du nombre d’actions de la SIC. Mais l’on sait tout de même que l’entreprise est dotée d’un capital de 75 milliards de Fcfa. Des sources contactées au sein de la SIC précisent que la valeur nominale d’une action est « d’au moins 5 000 Fcfa ». Sur cette base, certaines indiscrétions estiment déjà à 15 millions, le nombre d’actions. Pour l’administration camerounaise, la dématérialisation assure la transparence, la sécurité et la traçabilité des titres en circulation sur le territoire national en vue d’une parfaite maîtrise des transactions y afférentes ; un meilleur contrôle des transactions sur titres dans la perception des impôts ; la connaissance de la richesse mobilière en circulation au Cameroun ; la lutte contre les fraudes fiscales liées aux opérations sur titre, etc.
Pour la SIC, ce processus permet d’avoir une meilleure gestion de son portefeuille titres, mais aussi de faciliter d’éventuelles opérations sur les marchés financiers. « A travers cette opération, c’est facile de se retrouver sur le marché financier ; c’est-à-dire qu’on peut être coté à la Bourse plus tard si on remplit les conditions. Ce n’est pas seulement en allant vers les banques puisqu'elles font recours à la Bourse », fait savoir un cadre à la CAA.

