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Sommet Russie-Afrique : comment l’Afrique a affiché ses divisions à Saint-Pétersbourg

Avant le discours au vitriol du Président burkinabé contre ses pairs du continent, quatre chefs d’Etat réputés proches de Paris, notamment ceux du Sénégal, du Congo, de Guinée Bissau, des Comores et le président de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, ont refusé de poser à l’ouverture de la rencontre avec leurs homologues de la Guinée, du Mali, du Burkina Faso et du Soudan.

C’est une image de désunion qu’a affiché l’Afrique à Saint-Pétersbourg les 27 et 28 juillet dernier, à l’occasion du deuxième sommet Russie-Afrique. Sur la photo de famille ayant suivi l’ouverture de cette rencontre convoquée par Vladimir Poutine, cinq dirigeants du continent manquent : Macky Sall du Sénégal, Denis Sassou Nguesso du Congo, Umaro Sissoco Embaló de Guinée Bissau, Azali Assoumani des Comores, par ailleurs président en exercice de l’Union africaine (UA), et le président de la Commission de de cette organisation, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. Selon Jeune Afrique, ces derniers ont boycotté la photo sur laquelle s’affiche fièrement le président russe, parce qu’ils ne souhaitaient pas poser avec les représentants de la Guinée, du Mali, du Burkina Faso et du Soudan, tous sous le coup d’une suspension de l’organisation panafricaine en protestation des coups d’Etat militaires intervenus dans ces pays. Un indicateur : les dirigeants en question sont réputés très proches de Paris, l’ennemi public commun déclaré des régimes militaires érigés au pouvoir dans ces pays. 

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Cette attitude est-elle le résultat des pressions exercées par la France et d’autres pays occidentaux, qui ne voient pas d’un bon œil la forte mobilisation des dirigeants africains autour du chef du Kremlin que le bloc occidental travaille (en vain) à isoler sur la scène internationale, dans un contexte d’aggravation des tensions géopolitiques en rapport avec la guerre en Ukraine ? Rien n’est à exclure dans la mesure où le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, a expliqué devant Vladimir Poutine que plusieurs pays ont multiplié des manœuvres pour limiter la participation africaine au sommet russe. « Beaucoup de force ont travaillé pour empêcher le succès de ce sommet. Nous-même avons eu d’énormes difficultés  pour arriver ici. L’avion que nous avons pris en location est resté à Dubaï parce que les compagnies d’assurance de l’Occident se sont opposées à l’arrivée de cet avion ici à Saint-Pétersbourg. Nous l’avons laissé à Dubaï et avons pris en location un tout petit Jet (…) Je sais aussi que d’autres délégations ont éprouvé les mêmes difficultés, y compris des refus d’autorisation de survol de certains pays », a déclaré Sassou Nguesso pour qui, au demeurant, cette rencontre a été d’un succès éclatant en dépit de l’absence du président  Ivoiriens, Alassane Ouattara, ou encore celle de Mahamat Idriss Déby Itno, chef de la junte militaire au pouvoir au Tchad.

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Tous les deux ont également bonne presse auprès des capitales occidentales. Est-ce principalement à ces dirigeants que s’adressait le président de transition au Burkina Faso, Ibrahim Traoré, dans son discours musclé devant Vladimir Poutine.  Le jeune capitaine qui se pose comme le nouveau chantre de l’anti-impérialisme occidental en Afrique a, dans un discours musclé, crié sa colère contre certains chefs d’Etat africains qui préservent une position  d’éternels dominés face à l’Occident et s’accrochent indéfiniment au pouvoir au détriment des populations pour lesquelles ils ne feraient que très d’efforts en termes d’améliorations de leurs conditions de vie. Non sans les mettre en garde contre des révoltes populaires. 

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