Les prix de l'eau gazeuse de marque Perrier, produite par Nestlé Waters, la division mondiale pour l'eau embouteillée du groupe Nestlé, ont explosé au Cameroun. De Mahima à Santa Lucia en passant par Casino, Carrefour et les autres grandes enseignes du pays, cette eau est désormais entrée sur les marchés spéculatifs. Initialement vendue à 1 500 Fcfa, la bouteille d’1 litre est désormais proposée à près de 4 000 Fcfa (6,10 euros), selon que l'on soit dans une ville ou une autre.
Dans certaines surfaces commerciales de Yaoundé particulièrement, la bouteille de 33 cl est vendue à 1 000 Fcfa (1,53 euro), tandis que le pack de 12 bouteilles de 500 ml (0,5 litre) atteint parfois les 26 240 Fcfa (plus de 40 euros), soit l’unité à près de 2 200 Fcfa (3,36 euros). Cette flambée des prix survient sans explication claire des distributeurs, laissant supposer une stratégie de profit en pleine crise sanitaire.
En effet, l'eau gazeuse Perrier est au cœur d'un scandale majeur en Europe. Un document confidentiel de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) de France, révélé par plusieurs médias le 4 avril 2024, confirme qu’elle fait l’objet d’une contamination d’origine fécale. Et note la présence de bactéries, pesticides et Pfas (polluants éternels), dans les sources d’eau minérale naturelle exploitées par le groupe Nestlé en France.
Nestlé suspend la production des bouteilles d’1L
Eclaboussée par cette affaire, le minéralier français a pris la résolution de suspendre l’exploitation de plusieurs puits, ainsi que la production des bouteilles d’un litre d’eau gazeuse Perrier en raison de « problèmes sur plusieurs sources à Vergèze, dans le Gard », selon des informations de Franceinfo et Le Monde, diffusées vendredi 14 juin 2024. Le groupe, qui possède également les marques Contrex, Hépar et Vittel, parle d’une « opération de maintenance régulière ».
L’annonce intervient alors que le minéralier est sous pression depuis fin janvier, après qu’il a admis avoir eu recours à des traitements interdits sur certaines de ses eaux pour maintenir leur qualité. Nestlé Waters avait ensuite assuré avoir « intensifié la surveillance » de ses forages en France « sous le contrôle des autorités ». « La sécurité sanitaire de nos produits a toujours été notre priorité absolue », avait déclaré un porte-parole de Nestlé, auprès de Franceinfo, suite aux résultats de l'expertise de l'Anses.

