Le ministère gabonais de l’Economie et des participations a rendu publiques ses performances pour le compte du mois d’août 2024 indiquant des dépenses de 11,71 milliards de Fcfa au titre de la subvention du carburant. Sur la base des chiffres avancés par ce département ministériel tenu par Mays Mouissi, sur l’ensemble des 8 premiers de l’année le Gabon a dépensé 66,7 milliards de Fcfa pour cette subvention, soit 102% des prévisions de la loi de finances 2024. Le gouvernement a prévu 75 milliards de Fcfa pour soutenir les prix à la pompe des produits pétroliers pour le compte de l’exercice en cours, en hausse de 66% par rapport aux 29,9 milliards de Fcfa de 2023.
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Bien que le budget des subventions au carburant n’ait pas été évoqué dans le communiqué relatif à la proposition de loi finances rectificative 2024 du pays de Brice Clotaire Oligui Nguema, cette enveloppe tend vraisemblablement vers une nouvelle hausse imminente. En effet, il reste moins de 10 milliards de Fcfa de subvention pour les 4 derniers mois de l'année, alors que le Gabon consent en moyenne mensuellement 8 milliards de Fcfa pour cette dépense depuis le début de l’année. La hausse du budget alloué à la subvention de carburant se dessine encore plus clairement quand on sait que durant les 2 derniers mois, Libreville a subventionné à plus de 10 milliards de Fcfa (11,9 milliards pour juillet) le prix à la pompe des produits pétroliers après 13,7 milliards de Fcfa en janvier. Ce qui pourrait encore augmenter avec l’approche des vacances de fin d’année afin de « stabiliser les prix du carburant à la pompe, à maintenir la stabilité des prix sur le marché et à lutter contre le coût de la vie élevé » selon les autorités gabonaises. Ceux-ci adossent cette croissance continue du besoin de subvention au réajustement des prix du carburant survenu à fin décembre 2023. En effet, le prix du litre de super pratiqué à la pompe est passé de 605 Fcfa à 595 Fcfa soit une baisse de 10 Fcfa (-1,65%) tandis que le gasoil s’est établi à 575 Fcfa contre 585 Fcfa pour une réduction de 10 Fcfa (-1,73%).
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Cependant, cette politique reste déconseillée par les bailleurs de fonds, notamment la Banque mondiale qui précise que ces subventions représentent un risque budgétaire significatif pour le Gabon. « Les subventions aux carburants ont un coût d'opportunité budgétaire et social élevé. En outre, elles profitent essentiellement aux couches les plus aisées de la population, ce qui souligne l’importance d'envisager des politiques alternatives plus efficaces et mieux ciblées pour soutenir les personnes les plus vulnérables. La réduction des subventions aux carburants permettrait au Gabon de dégager des ressources qui pourraient servir à soutenir une politique budgétaire anticyclique et à relever les défis du développement », faisait savoir l’institution de Brettons Woods dans sa Note de conjoncture du Gabon publiée en avril 2023. De fait, à cette période-là, cette allocation estimée à 100,6 milliards de Fcfa soit 0,7 % du PIB, 2/3 des dépenses publiques allouées à la santé et plus de la moitié des dépenses allouées à l’éducation en 2022.
A noter que, l’enveloppe des subventions aux prix du carburant au Gabon évolue en contre sens comparativement aux autres pays de la zone Cemac qui ont entrepris de réduire les leurs pour le compte de l’exercice budgétaire en cours. Par exemple, la Guinée Équatoriale a diminué ces subventions de 70%, passant de 100 milliards de Fcfa en 2023 à 30 milliards de Fcfa en 2024 de même que son voisin le Cameroun, qui a annoncé une « possible » réduction des subventions après celle de 2023 (passant de 1 000 milliards en 2022 à 640 milliards, -36%).

