Selon le ‘’Rapport de suivi de la situation économique et financière de la République du Congo’’ publié par la Banque mondiale en septembre 2025, la diminution des subventions aux carburants a été l'un des points positifs pour les finances publiques du pays en 2024. En effet, l'enveloppe que l’État a consacrée au soutien des prix des produits pétroliers à la pompe est passée de 127,5 milliards FCFA en 2023 à 82,2 milliards de FCFA en 2024. Cette diminution a généré une économie substantielle de 45,3 milliards FCFA en glissement annuel, soit une baisse de 35,5 % de ces transferts.
L’institution de Bretton Woods fait tout de même remarquer que, « malgré cette réduction, des transferts imprévus à la Centrale Électrique du Congo (CEC) ont conduit à un dépassement de ces transferts ». Autrement dit, la marge budgétaire dégagée sur les subventions aux carburants et réaffectée sans budgétisation préalable à la CEC (484 MW), fournisseur public d’électricité basé à Pointe-Noire a été absorbé.
La Banque mondiale n’explique pas les raisons ayant entrainé cette réallocation inopinée des gains réalisés par Brazzaville mais cette situation pourrait avoir un lien avec plusieurs facteurs notamment : une panne technique majeure et soudaine qui aurait pu exiger l'achat immédiat de pièces de rechange coûteuses ou le paiement urgent de services d'experts étrangers. Des tarifs non rentables ou encore l’accumulation des dettes pourraient aussi expliquer cette situation. Cette opération, bien que nécessaire pour la stabilité du réseau électrique, a eu une incidence négative sur le solde budgétaire. « Le résultat net a été une baisse de l’excédent budgétaire, qui est passé de 3,6 pour cent à 2,7 pour cent du PIB », déplore la Banque mondiale.
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Même si la Banque mondiale ne l’affirme pas directement, la réduction des subventions pétrolières en Afrique centrale s’explique à la fois par la pression constante du FMI, qui pousse les États à limiter ce type de dépenses, et par un contexte international marqué par la baisse des prix du baril, offrant une marge de manœuvre budgétaire. Le Congo a sans doute tiré parti de cette conjoncture, à l’image du Cameroun, qui a fait chuter ses subventions aux carburants de 640 milliards FCFA en 2023 à 263 milliards en 2024, avec un objectif de seulement 15 milliards en 2025 avant une suppression totale prévue en 2026, conformément aux priorités budgétaires.

