Au Tchad, le premier ministre, Allah-Maye Halina, a récemment procédé à la pose de la première pierre du projet de réhabilitation et d’extension de l’adduction d’eau potable dans la ville de N’Djamena. Les travaux y relatifs seront réalisés en 48 mois par la société Sogea-Satom, la filiale locale du groupe français Vinci, spécialisé dans les BTP. Pour un cout de 40 milliards de Fcfa, soit 65,5 millions d’euros, ces derniers seront conjointement financés par l’Union Européenne, Invest International (un groupe financier néerlandais), l’Agence Française de Développement (AFD) et l’État tchadien. Selon le chef du gouvernement, ce projet, qui durera 4 ans, viendra régler d’énormes difficultés d’accès à l’eau potable dans la ville de N’Djamena. « Le projet AEP- N’Djamena s’inscrit dans le cadre du programme social du gouvernement et vise à améliorer la desserte en eau potable de la ville de N’Djamena », a-t-il déclaré.
À travers ce projet, les autorités tchadiennes veulent porter le taux d’accès à l’eau potable dans la capitale à 65 % d’ici 2025 et 80% à l’horizon 2030, marquant ainsi la seconde phase du projet. D’après les informations du ministère tchadien de l’Eau et de l’Assainissement, ce taux est passé de 30 à 45 % entre 2019 et 2021 et n’aurait pas connu des avancées significatives trois ans après les dernières mises à jour. Dans le détail, Sogea-Satom réhabilitera 33 forages dans la ville de N’Djamena, ainsi que 12 châteaux d’eau de capacités comprises entre 50 m3 et 2 000 m3. Le projet porte également sur la réalisation de deux nouveaux châteaux d’une capacité attendue de 2 000 m3 pour soutenir les installations de stockage existante dans la capitale tchadienne, ainsi qu’un forage pour exploiter les nappes du pliocène, c’est-à-dire des nappes profondes et naturellement isolées de la surface.
Cependant, le premier lot de ce projet qui consiste à réaliser trois forages, une bâche de stockage d’eau de 6 000 m3, une station de reprise d’eau avec cinq emplacements pour des pompes de 350 m3 par heure, avec 81 m de Hauteur manométrique totale (HMT), des conduites d’adduction d’un linéaire total de 15 760 ml et de diamètres compris entre 400, 500 et 700 mm, a été confiée à un prestataire en aout 2023. Le contractant construira aussi des locaux électriques et des postes de chloration. Outre la zone urbaine de N’Djamena, les futures installations amélioreront la fourniture en eau potable dans la zone péri-urbaine de la ville.
Une diplomatie française de mise
Il faut noter que le lancement de ce projet piloté par Sogea-Saton intervient peu de temps après que les autorités tchadiennes ont ordonné l'expulsion du directeur de la filiale locale de Vinci du pays. Le quotidien continental Africa Intelligence révélait le 19 septembre, à cet effet que le groupe français était au cœur d'une sourde lutte d'influence depuis plus de trois mois au Tchad avec le ministre des Infrastructures. Au regard du lancement des travaux en sa présence et celle de l’ambassadeur de France au Tchad, tout porte à croire que les tensions soient apaisées grâce à une stratégie diplomatique française avancée.

