Votée le 6 décembre 2024 par le Parlement, la loi de finances 2025 de l’État du Tchad a ensuite été promulguée par le président de la République. D'après les autorités, le texte législatif a été conçu dans le cadre d'une consolidation économique, avec une prévision d'une augmentation du PIB de 4,2 % pour 2025, par rapport à 4,7 % en 2024. Cette consolidation s'appuie sur les industries pétrolières et minières, ainsi que sur l'ensemble des autres secteurs de l'économie nationale.
Ainsi, le gouvernement envisage de dépenser 2 323 milliards FCFA (+ 18%) et de collecter 2 420,8 milliards FCFA (+20%) de recettes au cours de l'exercice budgétaire commençant le 1er janvier. Cela laisse un excédent budgétaire de 97 milliards FCFA qui reste tout de même insuffisant pour assurer l'équilibre du budget, les besoins de financement de l'État tchadien en 2025 étant estimés à 388,77 milliards FCFA. Pour couvrir ce gap, la loi de finances autorise le gouvernement à contracter des prêts projets, mais aussi à émettre des titres publics, emprunts obligataires et des financements bancaires sur le marché domestique. C’est à cet effet que N’Djamena a récemment annoncé son intention de mobiliser 400 milliards FCFA en 2025 sur le marché des titres publics de la BEAC.
Recettes ambitieuses
Pour l’exercice 2025, l’objectif de recettes du gouvernement reste assez ambitieux puisqu’il devrait connaître une augmentation de 20% en glissement annuel. Ce dynamisme résulte en grande partie de la croissance attendue des recettes hors pétrole, qui devraient progresser de 18 %, passant de 869,2 milliards de FCFA en 2024 à 1 022,9 milliards de FCFA en 2025 supplantant les recettes pétrolières. Pour y parvenir, N'Djamena a prévu d'améliorer le rendement de la TVA tout en accentuant la digitalisation, la simplification des procédures fiscales et la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale. S’agissant de la manne pétrolière, elle devrait connaître une légère hausse, passant de 951,8 milliards de FCFA en 2024 à 993,6 milliards de FCFA en 2025, soit une augmentation de 4 %.
Dépenses en hausse mais maîtrisées
En hausse de 18% les charges de l’État pour 2025 seront portés par une hausse des dépenses de personnel (+11% à 680 milliards FCFA) ; des transferts et subventions (+13% à 297 milliards) ; les dépenses d'investissements (+26% à 977,5 milliards) et surtout des charges financières sur la dette publique. Constituée des intérêts sur les emprunts dus par le pays, cette poche de dépenses devrait connaître une augmentation de 66%, tirée principalement par la dette extérieure. Le gouvernement explique que le relèvement des transferts et subventions sera lié à la mise en place en 2025, du Sénat et des conseils provinciaux ainsi que l'effectivité de la déconcentration de l'administration. Une avancée dans le cadre du processus de décentralisation qui coûtera plus de 15 milliards FCFA au contribuable.
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Pour l'année 2025, les dépenses d'investissements internes sont estimées à 440 milliards de FCFA, en légère hausse par rapport aux 432,7 milliards de FCFA prévus pour 2024. En revanche, les investissements globaux, qui englobent les financements externes, atteignent 977,5 milliards de FCFA dans le projet de loi de finances 2025, marquant une augmentation de 26 % par rapport à l'année précédente. Cela implique une dotation dépassant largement le seuil annuel de 600 milliards, requis pour atteindre l'objectif d'investir 3000 milliards sur l'ensemble du quinquennat du Président. Cette augmentation notable résulte essentiellement d'une croissance de 56 % des investissements financés par des ressources extérieures, mettant l'accent sur les infrastructures sociales et économiques, telles que les hôpitaux, écoles, universités et infrastructures hydrauliques, énergétiques, agropastorales et routières.

