Au Tchad, le gouvernement table sur une baisse des recettes pétrolières de 213,7 milliards FCFA, passant de 993,6 milliards FCFA courant 2025 à 779,8 milliards FCFA en 2026, selon le projet de loi de finances en cours d’examen au parlement. Cette projection représente une contraction de 22% en glissement annuel, dans un contexte de repli de la production nationale et de volatilité des cours internationaux.
Bien que le document ne détaille pas les facteurs expliquant ce repli, cette diminution des revenus pétroliers serait consécutive à l’érosion des champs matures et la baisse progressive des volumes produits. Selon Trading Economics, site spécialisé qui suit les tendances du marché pétrolier mondial, la production nationale est descendue à 126 000 barils par jour en juillet 2025, contre 127 000 b/j en juin. Le Tchad a produit en moyenne 123 000 b/j entre 2003 et 2025, avec un pic historique de 210 000 b/j en 2004. Parallèlement, un baril évoluant actuellement autour de 63 dollars (contre 90$ auparavant) réduit mécaniquement la valeur des exportations du pays.
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Le gouvernement note par ailleurs une forte chute des recettes non fiscales pétrolières qui devraient passer à 334,8 milliards FCFA en 2026 contre 483,4 milliards en 2025(–31 %), celles liées aux redevances et participations (-32%), et une baisse des revenus issus de la Société de Raffinage de N’Djamena (SRN), dont les contributions passent de 87,1 à 83 milliards FCFA (-5%).
Cette contraction des recettes pèse sur les marges budgétaires d’un État dont l’économie dépend fortement de l’or noir, qui représente environ 60% des exportations. Les acteurs opérant sur les champs tchadiens — CNPC, Perenco et la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) — devant composer avec le vieillissement des infrastructures et des capacités de raffinement limitées. Malgré le redressement opéré par Perenco, qui a porté la production des champs de Badila et Mangara à 18 000 b/j en décembre, la tendance globale demeure orientée à la baisse.
De manière globale, le document budgétaire prévoit un recul global des recettes de l’État de 11%, à 1 801 milliards FCFA, tandis que les recettes et dons tomberaient à 2 202 milliards FCFA, en baisse de 9%, si le projet de loi de finances est adopté. Rappelons que sur le long terme, N’Djamena ambitionne toutefois d’inverser la tendance. Le Plan National de Développement 2030 prévoit l’attribution de nouveaux permis d’exploration et une montée en puissance de la production à 250 000 barils/jour, en partenariat avec des opérateurs privés.
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