Le Tchad accélère la digitalisation de ses finances publiques. Le 18 février dernier, le ministre des Finances, Tahir Hamid Ngulin a signé une convention cadre de partenariat avec deux opérateurs de téléphonie mobile Moov money et Airtel money et deux établissements de paiement Konoom Mobile Money et Cashi-Tchad. Selon la note du ministère, cette convention s’inscrit dans le cadre de l’accélération de la dématérialisation des opérations financières de l’État, en s’appuyant sur des solutions digitales fiables, sécurisées et inclusives.
Dans le détail, l’accord entre Ndjamena et ces services de paiement porte sur deux axes majeurs : la collecte digitale des recettes publiques (impôts, taxes douanières, redevances domaniales et autres recettes de l’État) et le paiement digital des dépenses publiques autorisées (salaires, primes, indemnités, pensions, frais de fonctionnement, entre autres). « L’objectif est de renforcer la transparence, d’améliorer la traçabilité et de faciliter l’accès des citoyens aux services de paiement, y compris dans les zones éloignées », précise le ministère des Finances.
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La convention apprend-on, est conclue pour une durée de cinq ans renouvelables. La finalité étant de permettre le déploiement progressif du Mobile Money dans les transactions publiques. La réforme entend également renforcer la gouvernance et la conformité centrées sur a « confidentialité, propriété exclusive des données au profit de l’État, la possibilité d’audit à tout moment, ainsi qu’un dispositif de pénalités et sanctions en cas de manquements ».
Cette innovation n’est pas fortuite. Elle intervient dans un contexte où, le Tchad projette plutôt des recettes budgétaires en baisse de 9 % à 2 202 milliards FCFA, en glissement annuel dominé à 51,9 % par les impôts et les taxes. La convention avec les services mobile money pourrait donc contribuer à l’atteinte de cet objectif, voire le dépasser et retrouver le niveau de mobilisation de 2025 dans un contexte de baisse continue du prix de baril de pétrole sur le marché international, avec une incidence sur les recettes pétrolières.
A l’inverse, les dépenses prévues pour augmenter de 7% à 2 477 milliards FCFA, pourraient être maîtrisées surtout, au moment où les pays mise sur la rationalisation des charges de l’Etat. Outre l’aspect financier, le volet technique de la convention prévoit entre autres, la mise à disposition « immédiate » des montants collectés sur le wallet du Trésor, avec un reversement sur les comptes du Trésor dans un délai maximal de 72 heures ouvrables. Objectif: « sécuriser les flux, réduire la circulation du cash et à limiter les risques de fraude, tout en améliorant la rapidité d’exécution des opérations ».

