Le Projet de Loi de Finances (PLF) du Tchad pour l’exercice 2026 prévoit une série de mesures d'incitation fiscale. L'une d'entre elles porte sur la suppression de la taxe sur les opérations de transfert d’argent, dont le taux avait été fixé à 0,2 % lors de son institution dans la loi de finances 2022. D’après une source au ministère des Finances, ce taux a été abaissé à 0,1 % en 2024, est appelé à « disparaitre en 2026 pour une meilleure inclusion financière ». Le taux est appliqué au montant des sommes transférées ou retirées.
Selon le document actuellement en examen au Parlement, cette initiative vise explicitement à « encourager les transactions par mobile money ». La suppression de cette taxe est un signal fort envoyé aux opérateurs de télécommunications et surtout aux utilisateurs. En effet, en rendant les transferts d’argent moins coûteux, le gouvernement tchadien cherche probablement à lever les freins à l’utilisation et faire basculer une partie des échanges en espèces vers des canaux numériques et traçables, ce qui améliorerait la transparence et faciliterait la collecte d'autres impôts indirects.
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Cet allègement fiscal du gouvernement de N'Djamena, intervient dans un contexte où les indicateurs du pays en matière de mobile money sont peu reluisants. Selon le récent Rapport de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), sur les services de paiement dans la CEMAC, bien que le virement instantané par monnaie électronique soit l'instrument de paiement le plus utilisé dans la région avec plus de 3,5 milliards d’opérations (soit 94,8 % des transactions), la contribution du Tchad reste marginale. Le pays n’a capté que 0,73 % de ces transactions, se classant juste avant la Guinée Équatoriale (0,11 %).
Le retard est également palpable en termes d'accès : sur les 40 millions de comptes mobile money recensés en 2023 en CEMAC, le Tchad n'en détient que 2,1 millions, soit un taux de financiarisation de 19,78 %. Ce chiffre, l’un des plus faibles de la zone devant uniquement la RCA, souligne l'urgence de mesures d'incitation. La suppression de la taxe pourrait donc contribuer à injecter un dynamisme indispensable au marché tchadien et à favoriser l’inclusion financière.
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Cette mesure arrive à point nommé, alors que le marché régional du mobile money est en pleine explosion. A titre d’illustration, le nombre de transactions de monnaie électronique en zone CEMAC est passé de 794 millions en 2019 à 3,517 milliards en 2023, enregistrant un bond spectaculaire de 341,3 % en cinq ans. Parallèlement, la valeur monétaire cumulée des transactions pour les six pays de la zone s’est établie à 28 911 milliards de FCFA en 2023, soit une augmentation de 155 % par rapport aux 11 335 milliards d'il y a cinq ans.

