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Télécoms : baisse des chiffres d’affaires des opérateurs

MTN, Orange, Nexttel et Camtel ont vu leurs chiffres d’affaire passer de 566 milliards de FCFA en 2015 à 468 milliards en 2016.

Le chiffre d’affaires des opérateurs de téléphonie mobile est en forte baisse. Selon l’annuaire statistique du secteur des télécommunications et TIC publié en août 2018 dernier par le ministère des Postes et télécommunications. Il en ressort que les chiffres d’affaires des opérateurs estimés à 396 milliards en 2009 ont atteint un montant de 566 milliards de FCFA en 2015, avant de chuter à 468 milliards en 2016. Cette baisse coïncide avec la baisse des revenus intervenue au cours de la même période. Selon l’Observatoire annuel du marché des télécoms publié par l’Agence de régulation des télécoms (ART), les revenus dégagés par les activités des opérateurs et des exploitants du secteur des communications électroniques en 2016 ont connu une légère régression de 0,5% par rapport à 2015, Soit une perte nette de 2,88 milliards de FCFA.

Une contreperformance qui intervient paradoxalement dans un contexte marqué par l’évolution du nombre d’opérateurs concessionnaires, l’effervescence de l’activité concurrentielle et l’implémentation de mesures en faveur du développement de l’économie numérique au Cameroun. Le contexte est aussi marqué par l’introduction d’un droit d’accises de 2% sur le chiffre d’affaires des opérateurs mobiles et des fournisseurs d’accès à internet. Cette régression illustre aussi les effets de l’activité concurrentielle qui s’exerce dans le secteur. On note que les segments de marché de la téléphonie mobile ainsi que de la fourniture d’accès à internet sont principalement concernés par ce recul, respectivement 2,27% et de 4,32%.

Après le ralentissement observé en 2013 (1,86%), la croissance du secteur a renoué avec une forte progression en 2014 (6,47%) et 2015 (4,13%) sous l’ « effet Viettel ». La stabilisation progressive de ses activités et le retournement de tendance de 2016 tendent à indiquer que les revenus tirés des services de base aient atteint leurs points de saturation. Toutefois, un examen plus approfondi de cet état des faits permet de déceler que ce recul est davantage influencé par les fluctuations d’activités relevées chez l’opérateur MTN Cameroon dont le revenu a connu en 2016, un second repli consécutif. Depuis l’année 2014, le chiffre d’affaires de MTN a ainsi régressé de 34,41 milliards de FCFA (dont 19 milliards en 2016), consécutivement aux pressions concurrentielles imposées par le nouvel entrant et à la réduction continue de l’ARPU des services de détail (voix, SMS) qui en a découlé. Du fait du poids des activités de cet opérateur (plus de 42% de parts du marché), la tendance globale de l’évolution du marché a été fortement influencée.

La baisse des revenus et des chiffres d’affaires contraste avec une augmentation des investissements réalisés dans le secteur. Au total les investissements réalisés au cours de l’année 2016 s’élèvent à 398,63 milliards de FCFA (hors droits d’entrée et de renouvellement). Une progression de 34,04% par rapport à leur niveau de l’année 2015. Des investissements afférents au déploiement des réseaux large bande que les opérateurs MTN et Orange étaient autorisés à établir depuis le renouvellement de leurs conventions de concession intervenu en mars 2015. Les investissements réalisés par les fournisseurs d’accès à internet enregistrent aussi une forte croissance de 386,04% justifiée jadis par le rebond d’activité de l’opérateur Northwave (Vodafone) dont l’investissement en 2016 est estimé à 9,3 milliards de FCFA.

Le nombre d’emplois passe de 4 000 à plus de 5 000 en cinq ans

Le secteur des télécoms emploie un nombre important de personnels. Selon les données. Selon l’annuaire statistique du secteur, les opérateurs de téléphonie restent les plus grands pourvoyeurs d’emploi dans ce domaine. Le nombre d’emplois créés par les opérateurs de téléphonie est passé de 4 002 en 2011 à  5 485 en 2016. Camtel est le plus gros pourvoyeur d’emploi dans ce secteur. L’opérateur historique a vu ses effectifs passer de 2083 en 2007 à 3634 en 2015. Il est talonné par Viettel, qui commercialise ses produits sous la marque Nexttel. L’opérateur vietnamien qui a démarré ses activités longtemps après ses concurrents est passé de 678 employés en 2013 à 1058 en 2014 puis 1005 en 2016. La filiale du groupe français quant à elle est passée de 586 en 2007 à 630 en 2009 pour replier après et remonter à 669 en 2014 avant de rechuter à 587 en 2015. MTN ferme le classement des plus gros employeurs chez les opérateurs. Le sud-africain a vu l’effectif de ses ressources humaines passer de 483 en 2006 à 678 en 2011 avant de chuter à partir de 2012 jusqu’à 651 en 2016. D’autres emplois liés aux TIC sont créés dans les entreprises autres que les opérateurs de téléphonie. De manière générale, 20,2% des entreprises ont un personnel spécialiste des TIC (informaticien, personnel des télécoms, etc.). Cette proportion est très élevée dans les grandes entreprises dont 73,6% disposent d’un spécialiste des TIC.

Dans l’ensemble, le nombre d’emplois directs du secteur des communications électroniques enregistre en 2016 une baisse modérée de l’ordre de 0,86%, après avoir connu une forte croissance entre 2013 et 2015, sous l’effet des recrutements provoqués par l’entrée en activité de l’opérateur Viettel Cameroun. La baisse qui s’en suit est selon l’ART attribuée à l’opérateur Camtel, dont l’effectif des salariés a perdu près de 103 employés en un an. Après avoir été bouleversées  par la nécessité de s’adapter au nouvel environnement concurrentiel et à l’émergence des nouveaux métiers de l’internet, les ressources humaines des différents opérateurs tendent à se stabiliser progressivement, souligne le régulateur.

Il faut noter que les segments des fournisseurs d’accès à internet et des fournisseurs des services à valeur ajoutée, titulaires des titres de première catégorie et de récépissés de déclaration, enregistrent une forte progression de leurs employés en 2016 avec un gain net de 181 employés représentant une hausse de l’ordre de 31,26%. Ils représentent désormais 12,17% de l’ensemble des emplois directs déclarés dans le secteur.

 

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