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Télécoms : les défis qui attendent le nouveau top management de Camtel

Il y a entre autres la nécessité de mettre en place une approche commerciale plus conquérante pour profiter de ses ressources de manière optimale, se lancer résolument sur le front de la téléphonie mobile, saisir les opportunités des marchés lucratifs du mobile money et du mobile banking en implémentant « Camtel Money », etc

Il y a du sang neuf à la Cameroon Telecommunications (Camtel), l’opérateur historique des télécommunications au Cameroun. Outre la modification de son organigramme, des nouveaux hommes ont été portés à la tête de cette structure, à la faveur du décret présidentiel du 14 décembre 2018. Ainsi, Judith Yah Sunday Achidi remplace David Nkoto Emane à la direction générale de Camtel. Elle sera secondée par Daniel Désiré Olle qui occupera désormais le poste de directeur général adjoint. Et pour boucler la boucle de top management, Mohamadou Saoudi occupera le poste de président du Conseil d’administration. L’actuel secrétaire général du ministère des Postes et Télécommunications remplace Victor Mukete, démissionnaire en avril dernier. Ces différents responsables ont été installés à leurs postes de responsabilité respectifs, le lundi 17 décembre dernier  à Yaoundé par le ministre des Postes et Télécommunications. Il revient donc à ces derniers de relever les différents défis qui les attendent au sein de cette structure. Parmi ceux-ci, il y a par exemple, la nécessité de mettre en place une approche commerciale plus conquérante pour profiter de ses ressources de manière optimale. En effet, selon certains observateurs, Camtel qui tire la meilleure partie de son chiffre d’affaires sur la gestion de la bande passante et de la connectivité internationale a  une réelle incapacité à profiter de ses ressources de manière optimale, du fait d’une approche commerciale défaillante.


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Avec son réseau en fibre optique, Camtel pourrait quintupler ses revenus sur ce créneau si l’entreprise disposait d’une stratégie robuste. Mais elle est en retard par rapport aux énormes besoins du pays en matière de technologies de l’information, souffle-t-on. Ce monopole qu’il détient dans la gestion de la bande passante fait d’ailleurs l’objet des critiques de la Banque mondiale. L’institution de Bretton Woods pense, qu’il est tout à fait anormal que Camtel qui bénéfice déjà du monopole sur les infrastructures terrestres soit à la fois opérateur de services. Elle trouve qu’il s’agit là d’une situation qui favorise le déséquilibre du marché des télécoms. Pour justifier sa position, la Banque rappelle son constat selon lequel «l’accès au téléphone mobile et à la large bande est faible au Cameroun par rapport à d’autres pays dépendants des ressources naturelles ayant un PIB par habitant similaire… Les tarifs mensuels de location et d’appel pour la téléphonie fixe sont plus élevés qu’en Indonésie, en Malaisie, en Côte d’Ivoire et au Nigeria». Pour la BM, « des règles transparentes et non discriminatoires applicables à l’accès au réseau à large bande passante de Camtel et à la passerelle internationale pourraient stimuler la concurrence dans les services de télécommunications, réduire le coût des TIC pour les entreprises et accroître leur compétitivité ».


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Autre défi et non des moindres qui attend le nouveau top management de Camtel, c’est son entrée dans les univers très lucratifs de la téléphonie mobile, le mobile money et du mobile banking. Camtel qui voulait aussi se lancer sur le front de la téléphonie mobile avait obtenu une licence en 2014. Mais le démarrage de cette activité, prévu en 2016, a été empêché par des difficultés à mobiliser les fonds nécessaires, l’incapacité à trouver un partenaire stratégique et, surtout, l’absence de l’accord, indispensable, du ministère des Finances, qui exige pour ce faire un droit d’entrée. Aussi, en dépit d’un partenariat avec la filiale du groupe bancaire UBA, Camtel tarde également à lancer « Camtel Money » sur les marchés pourtant lucratifs du mobile money et du mobile banking.

La Rédaction EcoMatin

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