Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Business et Entreprises

Télécoms : Orange face à la fronde sociale en Afrique après une prime réservée à ses salariés de France

L’attribution par le groupe télécoms d’une prime exceptionnelle allant jusqu’à 1 400 euros aux seuls salariés sous contrat français provoque une vive contestation dans les filiales africaines et moyen-orientales. Dans deux correspondances, copies parvenues EcoMatin, les syndicats dénoncent une rupture d’équité alors même que la zone Afrique et Moyen-Orient apparaît comme l’un des principaux moteurs de croissance du groupe. « Nous refusons que seule une partie du personnel du groupe que nous représentons soit récompensée pour les efforts et implication de tous dans la conduite du plan stratégique 2023-2025 » laissent entendre les auteurs.

Publiée lundi 1 juin 2026 à 14:21:44Modifiée lundi 1 juin 2026 à 14:27:31Temps de lecture 5 minPar Jean Omer Eyango

Vincent Lecerf Directeur Exécutif des Ressources Humaines (DRH) et de la transformation du groupe Orange
Vincent Lecerf Directeur Exécutif des Ressources Humaines (DRH) et de la transformation du groupe Orange

Le malaise couvait depuis plusieurs semaines dans les filiales africaines d’Orange. Il éclate désormais au grand jour. La décision du géant français des télécommunications d’accorder une « prime de partage de la valeur » comprise entre 1 000 et 1 400 euros aux salariés disposant d’un contrat Orange S.A en France, sans étendre le dispositif aux employés des filiales d’Afrique et du Moyen-Orient (OMEA), crée des frustrations. Dans deux correspondances adressées à la direction des ressources humaines du groupe, les syndicats et représentants du personnel dénoncent une « injustice » sociale susceptible d’ébranler la cohésion interne au moment où l’opérateur lance son nouveau plan stratégique « Trust the Future ».

Le premier courrier, daté du 23 mars dernier et signé par l’Alliance syndicale monde uni-Orange ainsi qu’une quinzaine d’organisations syndicales africaines, vise directement Vincent Lecerf, vice-président exécutif ressources humaines du groupe. Les représentants syndicaux y dénoncent « l’exclusion totale des salarié·e·s » de la zone OMEA d’un bonus destiné, selon eux, à récompenser un effort collectif auquel les équipes africaines ont largement contribué. « Cette décision est d’autant plus difficile à comprendre que cette région figure parmi les moteurs de croissance les plus dynamiques du Groupe », écrivent-ils. Les syndicats rappellent, notamment, que la zone Afrique et Moyen-Orient a enregistré « une croissance annuelle de 12,2% » en 2025, avec « un onzième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres ».

La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

Derrière la revendication salariale, se joue aussi une bataille symbolique autour de la reconnaissance du poids croissant des filiales africaines dans les performances globales du groupe. « Les équipes africaines contribuent directement et de manière significative aux résultats du Groupe, souvent dans des environnements opérationnels plus complexes, exigeants et instables que ceux rencontrés en Europe », soulignent les signataires. Parmi eux figurent, notamment, le Syndicat National inter-entreprises des travailleurs du secteur de la communication (SYNACOM) et le Syndicat national autonome des travailleurs des nouvelles technologies de l'information et de la communication (SYNTIC) au Cameroun, mais aussi des organisations syndicales de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Maroc, de Madagascar, de la RDC ou encore du Mali. Le courrier a également été transmis à Christel Heydemann, directrice générale du groupe, ainsi qu’à Yasser Shaker, directeur général d’Orange Moyen-Orient et Afrique.

La polémique a pris une autre dimension après un second courrier adressé le 10 avril par le Comité Groupe Monde (CGM) d’Orange. Dans cette correspondance, les représentants du personnel rappellent qu’un premier message interne du 18 février annonçait une prime exceptionnelle de 1 000 euros « afin de reconnaître l’engagement » des salariés français dans la réussite du plan stratégique « Lead the Future ». Quelques semaines plus tard, le groupe décidait même de revaloriser cette prime entre 1 200 et 1 400 euros bruts afin de compenser la baisse de certains mécanismes d’intéressement en France. Pour le CGM, cette décision crée un profond déséquilibre au sein d’un groupe qui revendique pourtant une dimension mondiale. « Nous refusons que seule une partie du personnel du groupe que nous représentons soit récompensée pour les efforts et implication de tous dans la conduite du plan stratégique 2023-2025 », écrit Noah Simon Pierre, secrétaire du Comité Groupe Monde. Le ton se fait plus politique encore lorsque les représentants du personnel mettent en garde contre « le délitement du dialogue social international » au moment où la direction sollicite une « mobilisation de tous les employés » autour du nouveau cycle stratégique du groupe.

La controverse intervient dans un contexte particulier pour Orange. Sur ses marchés européens historiques, le groupe fait face à une pression persistante sur les revenus et les marges. À l’inverse, les activités africaines continuent d’afficher une forte dynamique portée par la data mobile, Orange Money et l’extension des services financiers numériques. Depuis plusieurs années, les dirigeants du groupe présentent d’ailleurs l’Afrique comme l’un des principaux relais de croissance de l’entreprise. Lors de l’Assemblée générale des actionnaires tenue le 19 mai à Paris, la direction a salué « les solides résultats de l’exercice 2025 » et la réussite du plan « Lead the Future », désormais remplacé par « Trust the Future », avec une croissance 9,7% sur la Afrique, qui s'impose comme le principal moteur de rentabilité.
Mais selon plusieurs observateurs du dialogue social au sein des multinationales françaises, l’absence d’extension de cette prime aux filiales africaines risque d’alimenter un sentiment de double standard au sein des équipes locales, alors même que les résultats financiers du groupe reposent de plus en plus sur ces marchés. Fait notable, aucune mention de cette revendication syndicale n’a été faite publiquement lors de l’Assemblée générale des actionnaires, pourtant largement consacrée aux résultats du groupe, à la gouvernance et aux rémunérations des dirigeants. Les résolutions adoptées ont principalement porté sur le dividende de 0,75 euro par action, les renouvellements d’administrateurs et la politique de rémunération de la direction générale. « Ce partage de prime uniquement aux travailleurs et travailleuses en France est un mauvais signal pour ce nouveau plan », avertit l’Alliance Syndicale Monde UNI-Orange.

  • Accueil
  • Business et Entreprises
  • Télécoms : Orange face à la fronde sociale en Afrique après une prime réservée à ses salariés de France
OrangeAlliance Syndicale Monde UNI-OrangeOrange AfriqueFronde sociale OrangePrime exceptionnelle OrangeInjustice sociale OrangeContestation syndicaleSyndicats Afrique OrangeOMEA (Orange Moyen-Orient et Afrique)Croissance Orange AfriqueRupture d'équitéVincent LecerfYasser ShakerSYNACOM CamerounSYNTIC Cameroun
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Jean Lobé Lobé et l'équipe Waspito recevant le chèque de 250 000 dollars sur la scène du LEAP 2026.Business et EntreprisesWaspito devient la première startup africaine à décrocher le Grand Prix LEAP Award 2026Waspito remporte le Grand Prix du LEAP 2026 ! Découvrez comment la startup e-santé du Cameroun s'impose comme leader de la tech en Afrique.il y a 4 heuresEpremiumcomplexe agro alimentaireAgro-industrieCameroun : le pakistanais Sunrise Food veut implanter un complexe agroalimentaire à DoualaLe projet, actuellement soumis aux audiences publiques sur l’étude d’impact environnemental, s’inscrit dans un contexte de forte croissance du secteur agroalimentaire.il y a 5 heuresEpremium764006169_17910542241443564_866641893604297299_nBusiness et EntreprisesTransport aérien: une troisième compagnie nigériane ouvre une desserte vers le CamerounSon arrivée devrait renforcer la concurrence sur une destination très prisée où Camair-Co, la compagnie publique camerounaise, reste actuellement absente.il y a 5 heuresBrazza AirlinesBusiness et EntreprisesCongo : Brazza Airlines suspend ses vols vers Ouesso et ImpfondoLa compagnie, filiale du français Thalair, a annoncé le 10 septembre 2026 l'arrêt « à effet immédiat » de ses liaisons vers le nord du pays, invoquant un déséquilibre économique et conditionnant toute reprise à un co-financement avec les entreprises locales. il y a 3 joursjad20240104-conf-gecam-celestin-tawambaBusiness et EntreprisesÉnergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieÀ l'occasion de la rentrée économique du patronat à Douala, Célestin Tawamba a détaillé les surcoûts qui pèsent sur les entreprises camerounaises, entre électricité hors de prix et corridors logistiques dégradés, alors que les dépenses d'investissement de l'État ont chuté de 74,4 % au premier trimestre 2026.il y a 3 joursDG Moov Africa Tchad Mourad HadraouiBusiness et EntreprisesRéseau, énergie, infrastructures : le lourd cahier des charges du nouveau DG de Moov Africa TchadNommé le 9 septembre 2026 à la tête de Moov Africa Tchad, le Marocain Mourad Hadraoui hérite d'un dossier sensible : améliorer un réseau critiqué de toutes parts, dans un pays où le gouvernement fait de la digitalisation une priorité pour 2027.il y a 4 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 1 semaine2Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 5 jours3Tchad : le nouveau Code du travail relève à 7 % l’indemnité de fin de CDDil y a 1 semaine4Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 4 jours5Une société liée à Baba Danpullo entre au capital d’AGL Cameroun avec 31 575 actionsil y a 1 semaine6Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 3 jours7Cameroun : Sodecoton ouvre un marché de 18,5 milliards FCFA pour le transport du cotonil y a 1 semaine8Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 6 jours9La BVMAC se maintient dans le rouge avec une perte de 454 millions FCFA en 2025il y a 6 jours10Cameroun : le fisc menace de publier les noms des "hautes personnalités" qui n’ont pas déclaré leurs revenusil y a 1 semaine
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.