Les Douanes tchadiennes veulent s’inspirer de l’expérience camerounaise. Réunie le 2 juin 2026 à Yaoundé dans le cadre d’une mission de coopération auprès de la Direction générale des Douanes du Cameroun, la délégation conduite par le directeur général des Douanes et Droits indirects du Tchad est venue échanger sur plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment le développement des échanges commerciaux et la sécurisation des corridors de transit reliant les deux pays.
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Mais au-delà de ces questions de coopération régionale, les responsables tchadiens ont manifesté un intérêt particulier pour le nouveau mécanisme de collecte douanière sur les téléphones mobiles mis en place au Cameroun depuis le 1er avril 2026. « Depuis quelques semaines, nous constatons que le Cameroun a mis en place un nouveau système de collecte des recettes douanières sur les téléphones mobiles. Ce système est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes au Cameroun aujourd’hui. Nous sommes venus nous imprégner de l’expérience de quelqu’un qui a déjà réussi dans ce domaine afin de planifier un système similaire dans notre pays », a déclaré Ousman Brahim Djouma, directeur général des Douanes et Droits indirects du Tchad.
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Selon ce dernier, cette démarche s’explique par les performances financières du nouveau dispositif de dédouanement des terminaux numériques. « Nous souhaitons en apprendre davantage sur les mécanismes de collecte des recettes douanières mis en place par le Cameroun afin de reproduire ce système, car nous constatons qu’il permet de générer d’importantes recettes », a-t-il ajouté. D’après les chiffres communiqués le 22 mai dernier par la Douane camerounaise à la CRTV, plus d’un milliard de FCFA ont été collectés en seulement deux mois grâce au dédouanement de plus de 20 000 téléphones, smartphones et tablettes.
Avant cette réforme, les recettes tirées de ce segment étaient estimées à environ 100 millions de FCFA par mois, soit dix fois moins que les montants actuellement enregistrés. Pour les autorités camerounaises, ce nouveau mécanisme vise à réduire les pertes fiscales liées à l’importation et à la commercialisation de terminaux non dédouanés, un manque à gagner longtemps évalué à près de 25 milliards de FCFA.
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Une potentielle nouvelle source de recettes pour le Tchad
L’intérêt du Tchad apparaît d’autant plus significatif que depuis janvier 2022, le gouvernement tchadien a supprimé pour cinq ans les droits et taxes à l’importation sur les smartphones, téléphones portables, ordinateurs, tablettes et équipements de connexion à Internet. Cette mesure visait à accélérer l’inclusion numérique dans un pays où le taux de pénétration d’Internet n’atteignait que 14,2% en 2020, selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). Quatre ans plus tard, la perspective de nouvelles recettes douanières semble toutefois pousser N’Djamena à réévaluer sa stratégie, dans un contexte de recherche accrue de ressources budgétaires.
Si les résultats financiers enregistrés au Cameroun attirent désormais l’attention de plusieurs administrations douanières africaines, le système continue néanmoins de faire face à d’importantes difficultés opérationnelles susceptibles de tempérer les ambitions des autorités tchadiennes.

