La société Telecel Centrafrique, filiale locale du groupe Niel Telecom appartenant au milliardaire français Xavier, semble engagé dans un bras de fer fiscal qui ne dit pas son nom avec les autorités centrafricaine. L’entreprise accumule des arriérés d’impayés évalués autour de 4 milliards Fcfa auprès de l’Etat, d’après le ministère des Finances et du Budget (Minfib). Au rang de ces impayés, un montant d’environ 2 milliards Fcfa dû aux administrations des douanes et des impôts, qui n’intègre pas le produit de la taxe de 7% sur les appels finaux qui est une innovation de la loi de finances de 2023 entrée en vigueur depuis février de cette année. Il est reproché à Telecel d’avoir régulièrement collecté cette taxe auprès des consommateurs, mais de ne l’avoir jamais reversée au trésor public. L’opérateur de télécommunications tarde également à s’acquitter des taxes et redevances dues à l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep), liées notamment à l’utilisation de la 3G. D’après la facture servie à l’ opérateur, celles-ci sont évaluées à près de 7oo millions Fcfa.
Après plusieurs concertations infructueuses entre les services juridiques des deux parties et plusieurs sommations de payer restées lettre morte, le gouvernement a finalement pris la décision de recourir au recouvrement forcé. En fin de semaine dernière, le ministre des Finances et du Budget (Minfib), Hervé Ndoba, a ordonné la fermeture provisoire de la société, jusqu’au recouvrement complet des arriérés d’impôts et taxes réclamés. Ni Telecel Centrafrique, ni la maison-mère Niel Telecom, ne se sont encore exprimés officiellement sur cette décision des autorités centrafricaines. Mais, des indiscrétions font état de ce que l’opérateur français des télécommunications proteste contre une fiscalité devenue onéreuse et qui alourdirait anormalement ses charges d’exploitation. Sur le terrain, les conséquences de cette décision ne se ressentent pas encore, notamment au niveau des services, à part les perturbations structurelles connues, aggravées depuis au cours des dernier mois du fait des incidents survenus depuis mars dernier sur les câbles sous-marins reliant l’Europe à la côte ouest-africaine.
En effet, c’est au niveau de la direction générale de la société de téléphonie mobile, à Bangui, que des scellés ont été apposés sur la porte d’entrée. Celle-ci abrite, certes, les principaux pôles de l’entreprise, mais les services continuent de fonctionner grâce aux agences secondaires. Pour mémoire, Telecel est le leader du secteur de la téléphonie mobile en République centrafricaine, notamment en termes d’abonnés (il en compte plus d’un million), devant ses concurrents que sont Orange Centrafrique et Moov Africa. Les dissensions entre cet opérateur et les autorités centrafricaines interviennent dans un contexte où la filiale du français Niel Telecom est engagée dans un processus de modernisation de ses offres de services, à la faveur de l’arrivée de l’infrastructure à fibre optique dans le pays l’année dernière, et surtout de sa connexion au haut débit, début 2024. Pour se donner les moyens de sa politique, en décembre 2023, Telecel a décroché un financement de 12,5 milliards Fcfa auprès d’Ecobank et de la Banque populaire Moroco-centrafricaine (Bpmc), pour soutenir ses ambitions de croissance dans le pays.

