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Téléphonie: Nexttel prend 5 points de parts de marché à MTN Cameroun

Le volume du trafic voix recule chez les opérateurs mobiles pour la première fois de 3,89% pour s’établir à 15,26 milliards de minutes émises en 2017, soit une perte nette de 617 634 522 minutes par rapport à l’année 2016.

L’observatoire du marché des communications électroniques que vient de publier l’Agence de régulation des télécommunications confirme la baisse d’intérêt, année après année, des utilisateurs aux appels téléphoniques, au profit des services lies directement à Internet. Selon le rapport 2017 de l’ART en effet, Le volume du trafic voix au départ des réseaux mobiles a connu une régression inédite de 3,89% au cours de l’année 2017 pour s’établir à 15,26 milliards de minutes émises, soit une perte nette de 617 634 522 minutes par rapport au volume de trafic dégagé en 2016. Ce recul s’explique, d’après le rapport, par la poussée des services large bande mobile dont la pénétration généralisée dans les usages des consommateurs depuis 2014 a provoqué la restructuration des politiques commerciales et la généralisation des offres illimitées et groupées. « Du fait des économies d’échelles réalisées, il en a résulté une baisse relative des coûts unitaires et par conséquent, des tarifs moyens payés par les consommateurs. Les nouveaux modes d’accès plébiscités par les abonnés tirant avantage de ce contexte, le trafic voix tend à être substitué dans l’usage des consommateurs », relève le régulateur.

Selon les statistiques de l’ART, le volume du service internet mobile a encore progressé en 2017 de 72,9% pour atteindre 53,6 milliards de mégaoctets. Le volume de trafic SMS émis sur les réseaux mobiles explose, réalisant un bond de 83,3% par rapport à 2016 pour s’établir à 23,18 milliards de SMS émis. Concernant les usages des consommateurs, un abonné de réseau mobile a dépensé en moyenne par mois 1 058,71 FCFA pour l’utilisation des services de communications électroniques offerts par les opérateurs mobiles. Ainsi il a en moyenne, mensuellement, émis des appels d’une durée totale 01 heure 4 minutes et 57 secondes envoyé 98,05 SMS, et consommé 568,37 mégaoctets en trafiquant sur internet.

En proportion, les services de communication liés à la voix pèsent de moins en moins dans le panier de consommation des abonnés mobiles. Alors que 78,05% du pouvoir d’achat réservé à la consommation des services de communication électroniques offerts par les concessionnaires mobiles était destiné au service voix en 2016, seulement 58,47% de ce pouvoir d’achat est réservé à ce service en 2017. La consommation du service internet (mobile) progresse significativement avec un supplément de revenu de 96,04 FCFA dépensés par mois et par abonné en 2017. Sa proportion passe ainsi de 17,37% à 36,42% dans les dépenses des abonnés.

Le sous segment des communications mobiles vers l’international, qui sont les plus affectées par la percée de l’internet mobile, se contractent très fortement de 30,95% (en perte de 63 millions de minutes par rapport à 2016). Il s’agit de la troisième baisse annuelle consécutive soit une perte de 176,9 millions de minutes en moins depuis 2014. « Cette situation tend à confirmer que les abonnés mobiles substituent de plus en plus, les communications vers l’international (perçues comme les plus onéreuses) par les communications au travers d’applications OTT (over the top) », souligne le rapport. Il en est de même du trafic roaming qui recule de 27,67% par rapport à 2016 (perte de 3,7 millions de minutes depuis 2015) et ne représente plus que 0,92% des communications sortantes sur réseaux mobiles.

MTN perd 5 points de parts de marché au profit de Nexttel

Les activités des réseaux des opérateurs mobiles ont dégagé un chiffre d’affaires global de 480,79 milliards de FCFA hors taxes au cours de l’année 2017, soit une progression de 2,59% par rapport à l’année précédente. Même s’il domine encore le marché avec 46,38%, MTN a encore vu ses parts diminuer, de 5,28 points par rapport à son niveau un an plus tôt du fait notamment du recul de 7,90%, enregistré en 2017 par son chiffre d’affaires. C’est la troisième baisse successive en trois ans. Depuis l’année 2014 la part de marché de MTN Cameroon sur le segment mobile a diminué de 13,96 points. En dépit de cette évolution défavorable, tempère le rapport du régulateur, il apparait que les activités de l’opérateur MTN Cameroon restent les plus rentables dans le secteur.

La mauvaise performance de MTN contraste avec la bonne santé dont jouit Viettel Cameroun, qui opère sous la marque Nexttel. L’opérateur vietnamien totalise une part de marché estimée à 14,95% en 2017 sur le segment mobile. Il enregistre encore une forte progression par rapport à son niveau une année plus tôt. Ainsi, la part de marché conquise entre 2016 et 2017 par Nexttel atteint 4,81%. Viettel Cameroun a augmenté son chiffre d’affaires de 51,26% en 2017 « consécutive à l’amélioration de sa couverture réseau, de la perception de son image et à la progression du nombre d’abonnés qui en a résulté ». Orange quant a lui a pratiquement conservé ses parts de marché, proportionnellement aux forces qui s’exercent sur le marché par le lancement des activités de Viettel Cameroun en 2014, l’amplitude des fluctuations de sa part de marché depuis cette date n’excédant pas 1%. La filiale du groupe français qui occupe la deuxième place sur le segment mobile totalise une part de marché estimée à 38,67%. Elle progresse de 0,46 point par rapport à 2016 et atteint son niveau le plus élevé depuis l’année 2014.

Sur le marché global de la téléphonie, Camtel qui opère jusqu’ici dans la téléphonie fixe réalise une part de marché estimée à 17,18% en 2017, en progression de 0,33 point par rapport à son niveau de l’année 2016. L’opérateur historique dispose du parc d’abonnés le moins important du secteur, mais occupe le troisième rang derrière MTN et Orange, et devant Viettel. Cette répartition rend compte de l’amélioration de la concentration des activités du segment mobile à la faveur d’un rééquilibrage à court terme des partis en présence. Cependant, cette amélioration est limitée par le degré de saturation des activités des concessionnaires dans le secteur. En effet, explique le rapport, le coût lié à l’acquisition de nouveaux clients s’élève à mesure que le taux de pénétration des services mobiles s’améliore.

Les opérateurs renouent avec la croissance

Les opérateurs et les exploitants du secteur des communications électroniques ont dans l’ensemble retrouve le chemin de la croissance. Les revenus hors taxes dégagés par leurs activités s’élèvent en effet en 2017 à 596,133 milliards de FCFA, en croissance de 3,21% après la baisse inédite enregistrée au cours de l’année 2016 (-0,01%). Avec un surplus de 18,55 milliards FCFA HT par rapport à 2016, ils s’établissent ainsi à un niveau supérieur à celui qu’ils avaient atteint au cours de l’année de la précédente croissance, c’est-à-dire en 2015. Ce retour de la croissance est porté par l’ensemble des opérateurs étant donné que les revenus des différents segments, fixe (+3,15%), mobile (+2,5%), FAI (+2,5%) et FSVA (+111,58%), sont tous en hausse. Avec une contribution estimée à 80,65% en 2017, les activités du segment mobile restent les plus rentables du secteur. La croissance de 3,21% enregistrée fait ainsi suite, proportionnellement, à la très forte augmentation de 51,26% du chiffre d’affaires de l’opérateur Viettel Cameroun en 2017 consécutive à l’amélioration de sa couverture réseau, de la perception de son image et à la progression du nombre d’abonnés qui en a résulté.

Le segment fixe connait lui aussi un accroissement de sa contribution au revenu du secteur en enregistrant une progression de 3,15% de son chiffre d’affaire en 2017. Cette embellie fait suite à une augmentation des capacités internationales et à un rebond des activités de CAMTEL sur le marché de détail. La contribution du segment des fournisseurs d’accès à internet et des fournisseurs exclusifs de services à valeur ajoutée atteint son niveau le plus élevé depuis l’année 2013. En s’établissant à 2,62% en 2017, elle progresse de 0,51 point en une année ce qui rend compte de l’essor des activités de ces opérateurs dans un contexte national marqué par l’incitation à l’investissement dans l’économie numérique et à l’émergence de nouvelles « start-up ».

Les revenus globaux générés par les activités des opérateurs concessionnaires de télécommunications au cours de l’année 2017 s’élèvent à 580,54 milliards de FCFA hors taxes en progression de 2,68% par rapport à leur niveau atteint au cours de l’année 2016.

Ces revenus représentent l’ensemble des recettes issues des différentes activités des opérateurs concessionnaires sur le marché de gros (services d’interconnexions, les liaisons louées, partage des infrastructures, …) ainsi que sur le marché de détail (vente de services de communications électroniques au client final : services voix, SMS, internet et services à valeur ajoutée directement développés par les opérateurs).

 

La Rédaction EcoMatin

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