Le gouvernement centrafricain a procédé, le 07 novembre, à l’attribution d’une licence globale pour l’exploitation de la 4G à la société de téléphonie mobile Orange Centrafrique. L’opérateur français devient ainsi le premier opérateur de téléphonie mobile en Centrafrique à signer la licence 4G avec le ministère de l'Economie numérique, des Postes et des Télécommunications. « Cette étape décisive marque le début du déploiement de la 4G sur le territoire centrafricain, avec un impact considérable sur la qualité de service et l'accès au numérique pour l'ensemble de la population », se félicite l’entreprise. Des informations glanées à bonne source font état de ce que pour passer à cette technologie, Orange a reversé 15 milliards Fcfa au trésor public centrafricain. Max Francisco, directeur général d'Orange Centrafrique a déclaré que le lancement de la 4G permettra d'améliorer de façon significative l'internet mobile et d'offrir une connexion jusqu'à 10 fois plus rapide que la 3G qui représentait jusque-là le must de la technologie en République centrafricaine. « Les Centrafricains bénéficieront ainsi d'une expérience client aux standards internationaux », ajoute-t-il.
Ce projet s'inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique de la RCA, visant à réduire la fracture numérique, à améliorer l'accès aux services de télécommunication pour tous et à dynamiser les secteurs économiques, éducatifs et sociaux du pays. « La disponibilité de la 4G contribuera également à l'attractivité économique de la RCA, en facilitant les investissements étrangers et l'émergence de l'écosystème numérique locale », assure Orange. Pour qui « ce déploiement est un pas important pour Orange RCA dans son engagement à soutenir le développement numérique de la Centrafrique, en facilitant l'accès à des services de télécommunications de haute qualité, en soutenant l'innovation locale et en contribuant à la croissance économique du pays ». L'accès à la 4G devrait représenter une avancée significative pour la Centrafrique et répondre à une demande croissante en matière de connectivité.
Même s’il intervient dans un contexte marqué par de fortes perturbations sur l’ensemble du réseau à fibre optique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et plus particulièrement au Cameroun, pays à partir duquel est connectée la RCA, ce basculement fait renaître l’espoir d’une normalisation de la connectivité dans ce pays qui, 10 mois après l’inauguration de son premier réseau à fibre optique qui s’étend sur 2000 kilomètres, demeure quasiment un désert en matière de services internet. Le secteur des télécommunications en RCA reste marqué par ses problèmes structurels : une mauvaise qualité du service, une régulation défaillante…combinées aux coûts élevés des produits et services.
Ce dernier facteur est régulièrement à l’origine de manifestations chez les utilisateurs, qui dénoncent une entente tacite entre les trois opérateurs de téléphonie mobile en activité dans le pays, à savoir Telecel, Moov Africa et Orange, pour maintenir malgré tout les services de télécommunications hors de prix du Centrafricain moyen. Le 04 octobre, l'Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep) a lancé un avis à manifestation d'intérêt pour la réalisation d'un audit des coûts des produits et services sur les réseaux des opérateurs. L’opération concerne tous les titulaires d'une licence d'établissement et d'exploitation des réseaux de communications électroniques ouverts au public en République centrafricaine, en l'occurrence ceux qui interviennent sur les marchés de téléphonie fixe, de téléphonie mobile ainsi que le gestionnaire des infrastructures à large bande, à savoir MTN.

