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Tentative d’intimidation : comment le milliardaire indien Avinash Hingorani veut museler EcoMatin

A la suite de l’ouverture d’une série d’enquêtes sur les activités de l’homme d’affaires indien propriétaire de « Reves Voyages » et « Sammy Création » dans le pays, EcoMatin fait face à une succession de basses manœuvres orchestrées depuis Mumbai, avec des relais dans plusieurs pays d’Afrique. Des attaques de comptes troll sur son site internet aux procédures judiciaires, tout est mis en branle pour intimider la rédaction. L’objectif affiché par ces atteintes criardes à la liberté de la presse est évidemment de faire taire votre journal. Ce à quoi il n’entend absolument pas céder. Explications.

L’opération est digne des plus sombres intrigues des films de mafia. Imaginez un nigaud aux allures du célèbre protagoniste de la saga James Bond, Docteur No, le charisme en moins, qui pilote depuis son bureau une armée d’affidées réparties dans plusieurs pays avec pour mission d’assurer la pérennité du business à tous les prix. Telle est la description que l’on pourrait faire du mécanisme qui a été lancé contre le journal EcoMatin depuis la publication du premier volet des enquêtes sur les activités de l’Indien Avinash Higorani, propriétaire des entreprises « Rêves Voyages » et « Sammy Creation », dans son édition numéro 445 du mercredi 7 juillet 2021.

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Tout ou presque a été mis à contribution dans cette manœuvre, dont le but affiché est de museler EcoMatin face au scandale qu’il a découvert et dont il s’apprête à dévoiler d’autres méandres. Par ordre croissant, on peut évoquer les chantages et menaces, les attaques par médias interposés, les tentatives de piratages du site internet d’EcoMatin, ou encore les surprenantes procédures judiciaires.

Par ordre croissant, on peut évoquer les chantages et menaces, les attaques par médias interposés, les tentatives de piratages du site internet d’EcoMatin, ou encore les surprenantes procédures judiciaires. Une machine de répression qui semble bien huilée, et dont l’ensemble des faisceaux d’indices sur son origine remontent à Mumbai en Inde.

 Une machine de répression qui semble bien huilée, et dont l’ensemble des faisceaux d’indices sur son origine remontent à Mumbai en Inde. Mais comment en est-on arrivé là ?

Pour comprendre l’affaire, il faut remonter à la mi-mai 2021, lorsque EcoMatin reçoit à sa rédaction des documents au sujet d’abus dont sont victimes plusieurs ressortissants indiens installés au Cameroun, lesquels sont orchestrés par leur patron Avinash Higorani. Le dossier controversé comprend entre autres des plaintes, des contrats, des pièces officielles, des captures de conversations …

Le dossier controversé comprend entre autres des plaintes, des contrats, des pièces officielles, des captures de conversations … autant d’éléments qui justifient des accusations d’exploitations humaines proférées contre le principal concerné.

autant d’éléments qui justifient des accusations d’exploitations humaines proférées contre le principal concerné. Heurté par l’ampleur des révélations aussi graves pour les droits de l’Homme que pour le respect des institutions camerounaises, la rédaction d’EcoMatin s’est alors engagée à creuser davantage le sujet.

Pendant près de deux mois, l’enquête qui a sous-tendu la publication de cet article va amener votre journal à procéder à une série de vérifications auprès des diverses personnes et institutions impliquées dans cette affaire. Début juin notamment, une demande d’information sera adressée à Avinash Hingorani via son numéro personnel whatsapp Messenger; le concerné n’étant pas au Cameroun à ce moment-là. S’il ne réagit pas directement, Avinash enverra, le 29 juin, au Siège du journal EcoMatin, le représentant de ses filiales au Cameroun, ainsi que deux autres collaborateurs de nationalité camerounaise.

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Après un échange en toute cordialité, ces derniers permettront de faire parvenir à la rédaction, dans les 3 jours qui suivent,  des éléments concrets qui battent en brèche les accusations « de collaborateurs frustrés ». Sauf qu’au même moment, ils feront des enregistrements de la conversation à l’insu des collaborateurs d’EcoMatin, espérant sans doute pouvoir utiliser cela comme éléments de pression. Car après cet échange, Avinash Hingorani et ses collaborateurs ne reviendront plus jamais, ni ne réagiront aux autres mails et courriers de relance du journal. En ce moment la rédaction ne le sait pas, mais le magnat prépare silencieusement ses manœuvres dolosives de rétorsion.

Le jour de la parution de l’article le mercredi 7 juillet 2021 marquera le début des hostilités. Avinash sortira enfin de sa réserve en proférant des menaces via Whatsapp Messenger au Directeur de Publication d’EcoMatin, avant de lui servir dans la même journée, une sommation d’huissier aux fins d’arrêter la série ouverte. Il s’en suivra une suite de menaces sous formes de chantage menée au moyen d’appels provenant de numéros anonymes étrangers dans lesquels il promet de mettre à la disposition des médias nationaux un supposé enregistrement dans lequel le Directeur de publication d’EcoMatin lui ferait du chantage en lui demandant la somme de 3 millions de FCFA. L’enregistrement en question est celui fait par ses représentants dans les bureaux d’EcoMatin.

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La manœuvre se poursuit avec une campagne de dénigrement orchestrée sur certains sites d’informations gabonais. Dans ces agencements de mots qui ressemblent à tout sauf à des articles de presse, on peut lire « Le journal EcoMatin vend sa profession pour de l’argent ». De nouveaux numéros de téléphone étrangers dont tout porte à croire qu’ils appartiendraient à Avinash se chargeront ensuite d’envoyer les liens desdits articles au Directeur de publication, avant d’être systématiquement republiés sur les pages officielles d’EcoMatin par une armée de comptes troll et de bots, comme pour influencer les lecteurs. 

Il s’en suivra une suite de menaces sous formes de chantage menée au moyen d’appels provenant de numéros anonymes étrangers dans lesquels il promet de mettre à la disposition des médias nationaux un supposé enregistrement dans lequel le Directeur de publication d’EcoMatin lui ferait du chantage en lui demandant la somme de 3 millions de FCFA. L’enregistrement en question est celui fait par ses représentants dans les bureaux d’EcoMatin.

Avinash saisira plus tard le conseil national de la communication au motif de la « publication (par EcoMatin) d’accusations non fondées ». Un grief que l’équipe d’EcoMatin qui s’est présentée le 10 juillet devant les cadres du régulateur réussira à battre en brèche, en montrant que l’article avait bel et bien un fondement, documents à l’appui.

Le lendemain, deux gendarmes du SED débarqueront à la rédaction du journal EcoMatin avec un mandat d’amené du procureur, stipulant que le DP a refusé de se présenter à des convocations alors qu’il n’a jamais reçu de convocation Numéro 1. Le même jour, une confrontation aura lieu au SED où le Directeur de publication expliquera tous les efforts qu’a consentis le journal pour avoir la version des faits de M. Hingorani avant la parution du texte.

Le lendemain, deux gendarmes du SED débarqueront à la rédaction du journal EcoMatin avec un mandat d’amené du procureur, stipulant que le DP a refusé de se présenter à des convocations alors qu’il n’a jamais reçu de convocation Numéro 1. Le même jour, une confrontation aura lieu au SED où le Directeur de publication expliquera tous les efforts qu’a consentis le journal pour avoir la version des faits de M. Hingorani avant la parution du texte.

 Il va également relever que tous les éléments présents dans l’article sont contenus dans des documents dont l’authenticité a été vérifiée.

Le jeudi 12 août, le directeur de publication d’EcoMatin sera déféré au parquet où il restera de 9h à 21h. Sa libération n’interviendra qu’après le paiement d’une caution de 500.000 FCFA. Dans la foulée, le procès sera programmé le lendemain, vendredi 13 août et par la suite renvoyé le mardi 17. 

De nouveaux numéros de téléphone étrangers dont tout porte à croire qu’ils appartiendraient à Avinash se chargeront ensuite d’envoyer les liens desdits articles au Directeur de publication, avant d’être systématiquement republiés sur les pages officielles d’EcoMatin par une armée de comptes troll et de bots, comme pour influencer les lecteurs.

Comment déployer tant d’énergies pour faire pression sur un journal lorsqu’on a eu la possibilité de faire émerger la vérité aux camerounais par le même canal ? Les réels motifs de l’auteur de cette cabale semblent être de continuer d’évoluer sous les radars au mépris de la législation camerounaise et au détriment des caisses publiques. Quel intérêt EcoMatin a à se mettre à dos ce milliardaire? Votre journal est fermement attaché à la liberté de la presse et n’entend céder aucune once de ce territoire acquis après de longues luttes aussi bien au Cameroun comme à travers le monde. Car c’est tout l’enjeu de cette affaire qui vient de basculer dans l’escarcelle de la justice camerounaise, reste à voir de quel côté elle se rangera.

Franck Kun 

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