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Titres publics: forte hausse du coût des emprunts sur le marché de la Cemac

La RCA, le Tchad, la Guinée et le Congo sont servis à des taux très élevés tandis que la signature du Cameroun continue de séduire les investisseurs.

Lancé en 2011, le marché des valeurs du trésor de la Cemac est sur le point de franchir la barre historique de 5000 milliards d’encours des engagements financiers étatiques. La Beac, qui organise ce marché, estime à 4 992,20 milliards de FCFA le volume des ressources levés par émission de titres publics à fin juillet 2022, soit une progression de 23% en glissement annuel. Le Gabon, le Congo et le Cameroun sont les plus actifs du marché avec respectivement 26,3%, 25,3% et 22,2% du montant. Le Tchad (12,7%) et la Guinée Equatoriale (12,2%) restent à un niveau de participation moyen tandis que la République centrafricaine est réduite à l’étroit avec un encours des valeurs en circulation de seulement 64,4 milliards, soit 1,3%. 

En termes d’instruments financiers, le marché est dominé par les OTA qui sont des titres dont la maturité va au-delà d’un an. Ils représentent 80,8% du portefeuille des engagements financiers des Etats contre 19,2% pour les Bons du trésor (moins d’un an). Le recours des Trésors publics aux ressources longues traduit une consolidation progressive de la confiance des investisseurs aux signatures souveraines. Cependant, l’augmentation de la demande s’est suivi d’une hausse des coûts de financement. D’après les données de la Beac, le coût moyen des ressources s’est établi à 7,69% à fin juillet 2022 contre 6,27% un an plus tôt soit une progression de 22%. Les coûts moyens les plus élevés sont observées au niveau des titres de longue maturité et varient en fonction de l’appréciation que les investisseurs font de l’émetteur. En règle générale, la manière dont les prêteurs allouent les ressources trahit le sentiment qu’ils ont vis-à-vis de l’économie qu’ils servent. Lorsque les taux de rendement vont vers la hausse, ou que les taux de souscriptions sont faibles c’est parce qu’ils exigent un prix plus élevé pour prêter et cela signifie que le risque pour les investisseurs est élevé. Ainsi, les OTA de la RCA et du Tchad sont les plus chers du marché avec des taux respectifs demandés de 12% et 10,7%. Le Congo capte des ressources à un coût moyen de 9,37% sur cet instrument contre 7,52% pour le Gabon.

Avec 1,14 point en plus que l’année dernière, le taux moyen des BTA est passé à 6,13% tiré par la Guinée (8,10%),  le Tchad( 6,44%) et le Congo(6,59%). Le Cameroun demeure le pays avec les taux de sortie les plus faibles sur les BTA notamment 2,94%. La présence récurrente de ce pays sur le marché et sa stratégie d’animation de son réseau de SVT constituent des facteurs déterminants quant à sa capacité à mobiliser les ressources à moindre coût, y compris à allonger les maturités des instruments.

Débit d’office

La disparité dans l’appréciation du risque par les investisseurs intervient alors que les remboursements sont garantis par la Banque centrale. En effet, pour chacun des emprunts qu’ils réalisent en émettant des titres publics, les trésors de chaque Etat ouvrent un compte séquestre à la Banque centrale. Chaque 15e jour du mois, période de pic de recettes fiscales, elle y prélève par débit d’office, une partie du montant dû qu’elle reverse dans le compte d’amortissement. A chaque échéance de remboursement, elle débite le compte d’amortissement pour créditer le ou les comptes des investisseurs ayant souscrits à cet emprunt. Ce mécanisme de remboursement annihile quasiment le risque de défaut. 

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