Pour le prochain exercice, le Congo compte mobiliser un total de 775 milliards de FCFA pour couvrir ses besoins de trésorerie et de financement. Pour combler ce gap, le pays dont l’enveloppe budgétaire s’élève 2 826 milliards de FCFA en 2025, va utiliser, selon la loi des finances déposée au Parlement, les instruments que sont les produits des emprunts à court, moyen et long terme ; les émissions de titres publics notamment les bons et obligations du Trésor assimilables et le rééchelonnement des obligations du trésor assimilables (OTA) et des bons du trésor assimilables (BTA).
Pour cette dernière opération de levée de fonds sur le marché des titres publics, le pays a fait une projection budgétaire de 205 milliards de FCFA. S’agissant des émissions de titres, le pays a prévu de contracter 406 milliards de FCFA sur le marché de la BEAC, soit 306 milliards de FCFA de plus qu’en 2024. Quant aux emprunts de court, moyen et long terme, 164 milliards de FCFA doivent pouvoir être mobilisés au cours de l’exercice à venir afin de faire face aux besoins de financement et de trésorerie du pays, empêtré dans de sérieuses difficultés budgétaires qui l’ont contraint le 14 octobre 2024, à rééchelonner le paiement de sa dette sur le marché financier sous-régional.
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Par cette opération, le Congo émet de nouveaux titres d’une maturité de 10 ans sur le marché des titres publics de la CEMAC à taux zéro, par une opération d’échange anticipé. De manière spécifique, il est question pour le gouvernement congolais, en plus du rallongement des maturités de sa dette sur le marché domestique, « d’augmenter les marges de manœuvres budgétaires à court et à moyen terme de l’Etat, de contribuer à la hausse de la liquidité sur le marché régional des titres publics pour l’ensemble des émetteurs de la CEMAC» (espace économique et monétaire commun au Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RCA et au Tchad). Le but ultime étant que l’opération soit bénéfique au bilan du secteur bancaire et participe au dynamisme du financement domestique.
Parallèlement, le pays consacre 1474 milliards de FCFA au remboursement de sa dette globale en 2025. Dans cette enveloppe, 722 milliards de FCFA seront payés aux banques en termes d’OTA et de BTA. Selon les officiels gouvernementaux, l’encours des BTA qui représentent 17,2% à fin 2024, se situe à 400 milliards de FCFA ; alors que les OTA s’élèvent à 1927 milliards de FCFA, soit 82,8% des 2314 milliards de FCFA dus aux investisseurs de la CEMAC, dont pas moins de 1451 milliards devaient absolument être réglés en 2026.
Une échéance difficile à tenir pour le pays dont les recettes fiscales se chiffrent à 75 milliards de FCFA par mois ; dans le même temps, l’Etat congolais a l’obligation de mobiliser mensuellement une moyenne de 100 milliards de FCFA cette année pour assurer le remboursement de cette dette, contre 70 milliards de FCFA en 2023. En 2024, le Congo a plafonné ses recettes fiscales à plus de 920 milliards de FCFA pour plus de 1200 milliards de FCFA à rembourser sur le marché financier sous-régional. Mais pour le prochain exercice, ce sont plus de 1209 milliards de FCFA qui seront mobilisés par les administrations d’assiette.

