La dette du Gabon sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a fortement progressé en un an. Selon les statistiques mensuelles du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC publiées par la banque centrale, l’encours des titres émis par Libreville est passé de 1 658,9 milliards FCFA en janvier 2025 à 2 887 milliards de FCFA à fin janvier 2026, soit une hausse de 74% sur la période. Cette progression place le Gabon en tête des États les plus endettés sur ce marché régional, avec 30,5% de l’encours global.
Selon les données de l’institut commun aux six Etats de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine, Tchad), la dynamique des émissions gabonaises repose sur les deux principaux instruments du marché : les Bons du Trésor assimilables (BTA) et les Obligations du Trésor assimilables (OTA). Les premiers, destinés à couvrir des besoins de trésorerie à court terme (maturité inférieure à un an), continuent de mobiliser les investisseurs, tandis que les seconds, dont la maturité s’étend généralement de deux à plus de dix ans, sont privilégiés pour financer les investissements publics.
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Ainsi sur la période observée, la participation des Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) aux émissions gabonaises a évolué de manière contrastée. Pour les BTA, leur taux de participation est passé de 20,18% en janvier 2025 à 19,52% en janvier 2026, traduisant un léger recul. À l’inverse, la participation aux OTA a progressé, passant de 21,09% à 28,57% sur la même période. Du côté des investisseurs, les taux de souscription témoignent d’un intérêt globalement stable pour les bons du Trésor, avec 41,78% en janvier 2026 contre 41,88 % un an plus tôt, tandis que la demande pour les obligations à plus long terme a nettement reculé, le taux de souscription aux OTA passant de 75,44% à 55,67%.
Au niveau régional, le Gabon qui prévoit de lever 82,5 milliards FCFA sur le marché des titres publics au cours du mois de mars en cours (47,5 milliards FCFA en BTA et 35 milliards FCFA en OTA) devance le Congo, qui occupait historiquement la première place sur ce marché. L’encours de la dette congolaise s’établit à 2 457 milliards de FCFA, soit 29,5% du total, tandis que le Cameroun (1 831,35 milliards FCFA) arrive en troisième position avec environ 19,3% de l’encours régional. Celui-ci atteint 9 451,4 milliards de FCFA à fin janvier 2026, contre environ 7 492 milliards un an plus tôt, soit une progression de 26 %. Cette dette est constituée à 82,9% d’Obligations du Trésor assimilables (7 835,2 milliards FCFA) et à 17,1% de Bons du Trésor assimilables (1 616,2 milliards FCFA). Cette montée en puissance du marché régional intervient dans un contexte de resserrement monétaire, le taux moyen des émissions étant passé de 7,70 % à 8,78 % en un an, illustrant à la fois le dynamisme du marché et le renchérissement progressif du coût de la dette dans la sous-région.

