Le Trésor public camerounais a procédé, ce 14 avril 2025, à une émission d'obligations du Trésor assimilables (OTA) sur le marché régional des titres publics. Selon le communiqué publié à cet effet, la Direction générale du Trésor prévoit de mobiliser un total de 70 milliards FCFA, dont 10 milliards FCFA sur des OTA à 10 ans de maturité, rémunérées à 8 %. Il s'agit de la maturité la plus élevée utilisée jusqu’ici sur le marché de la dette publique de la CEMAC, ce marché étant encore peu profond pour absorber des échéances plus longues — à la différence de l’UEMOA, où les émetteurs souverains parviennent à se financer avec des remboursements étalés sur deux décennies.
Yaoundé prévoit également une émission de 15 milliards FCFA sur des OTA à 3 ans. Le même jour, le pays tentera de lever 45 milliards FCFA à travers trois opérations rémunérées respectivement à 5,50 %, 6,25 % et 6,50 %. Particularité de ces dernières : il s’agit d’un abondement, c’est-à-dire d’une mobilisation de montants additionnels à partir d’obligations déjà émises, notamment celles arrivant à échéance en 2026 et 2027. Dans l’optique de lisser son profil d’émetteur, le Cameroun procédera également, le même jour, au remboursement de 105,9 milliards FCFA correspondant à des emprunts arrivés à échéance.
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Reste à savoir comment le marché réagira à cette offre, alors que le carnet d’ordres reste peu fourni depuis le début de l’année, rendant l’accès aux ressources difficile pour les pays de la CEMAC.
Pour financer son déficit budgétaire en 2025, le Cameroun prévoit de mobiliser 380 milliards FCFA de nouveaux emprunts via divers instruments disponibles sur le marché régional de la dette publique. Pour faciliter cette levée de fonds, le pays a sollicité — et obtenu — une pondération nulle auprès de la COBAC, le régulateur bancaire. Le taux de pondération sur les emprunts souverains est un mécanisme d’évaluation du risque mis en place depuis 2010. Il contraint les banques participant aux levées de fonds d’un État de la CEMAC à constituer un volume de fonds propres, selon le respect des critères de convergence et de surveillance multilatérale (dette publique, solde budgétaire, inflation et accumulation d’arriérés). En accordant une pondération nulle, la BEAC permet ainsi aux banques de prêter à Yaoundé sans cette contrainte, bien que le pays semble en infraction sur plusieurs de ces critères.
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Ce dernier résultat traduit la difficulté du pays à lever de la dette en monnaie locale depuis le début de l'année ce qui pourrait compromettre l'équilibre budgétaire et le service de la dette. C'est pourquoi dans la loi de finances rectificative, actuellement étudiée par le parlement, l'exécutif souhaite réduire à 280 milliards FCFA ses ambitions de mobilisation sur le marché des titres publics, contre 375 milliards FCFA dans la loi de finances initiale. À contrario, et en vue d'apurer ses arriérés, le pays lancera une offensive auprès des bailleurs internationaux et des prêteurs multilatéraux pour obtenir respectivement 467 milliards FCFA (environ 762,4 milliards USD) et 240 milliards FCFA (environ 392 millions USD) avant la fin de l'année.
Le Trésor public camerounais a procédé, ce 14 avril 2025, à cinq émissions d’obligations du Trésor assimilables de 3, 7 et 10 ans de maturité, sur le marché des titres de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). L’objectif de ces opérations est de mobiliser 70 milliards de Fcfa au total, à travers deux OTA(obligations du trésor assimilables) émissions de 15 (OTA 3 ans) et 10 milliards de Fcfa (OTA 10 ans) respectivement rémunérées à 6% et 8% et trois abondements de 45 milliards de Fcfa. L’analyse des documents de la Beac consultés par EcoMatin révèle que le pays de Louis Paul Motaze tente à nouveau d’emprunter les 70 milliards de Fcfa à la fois pour rembourser sur le même marché, une partie de dette d’un montant de plus de 105 milliards de Fcfa.
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En effet, le 16 avril, c'est-à-dire le jour même du dénouement des levées de fonds, le Cameroun se rendra sur le marché monétaire pour effectuer deux remboursements de 38,2 milliards de Fcfa en rapport avec deux émissions de bons du Trésor assimilables (BTA) à 26 et 52 semaines de maturité, arrivées à échéance. Le 18 avril prochain, le pays reviendra cette fois pour apurer une dette de 67,6 milliards de Fcfa sur une BTA 13 semaines arrivées à échéance. Dans le cas d’espèce, si le gouvernement camerounais réussit à lever l’enveloppe sollicitée, il trouvera ailleurs les 35,9 milliards de Fcfa restants pour honorer son remboursement et crédibiliser davantage ses investisseurs qu’il n’a pas déçu avec de défaut de paiement depuis le lancement de ce marché en 2011.
A travers ce type d’opération d’emprunt-remboursement, la première économie de la Cemac met en œuvre la même stratégie qu’affectionnent d’autres pays de la région sur le marché des titres publics de la Beac. En effet, par ces temps d’accroissement des besoins en ressources financières des Etats, les trésors nationaux de la Cemac préfèrent préserver leur trésorerie déjà assez tendue. Pour ce faire, à l’approche de l’échéance de remboursements de dettes, ils lancent de nouveaux emprunts, qui peuvent même parfois déboucher sur la captation de ressources supplémentaires leur permettant de renflouer leurs caisses après les remboursements.
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Sauf que dans cette stratégie, le succès dépend de la confiance que les investisseurs placent en l’émetteur des titres. Lorsque ces derniers répondent positivement à l’offre de l’émetteur en souscrivant à ses titres, l’Etat émetteur peut alors sereinement effectuer son remboursement grâce aux financements mobilisés au travers de son nouvel emprunt. A contrario, lorsque les investisseurs boudent les titres émis, l’Etat émetteur peut se retrouver soit en défaut sur le marché, soit obligé de recourir à sa propre trésorerie pour honorer son remboursement, et ainsi sauvegarder sa crédibilité, sa solvabilité ou plus simplement sa signature.

