La semaine du 10 au 14 juin 2024, quatre trésors de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) à l’exception de la République centrafricaine (RCA) et de la Guinée Equatoriale (GE) sont à la recherche de 119 milliards de Fcfa. Il s’agit du Cameroun (25 milliards de Fcfa), Congo (45 milliards de Fcfa), Tchad (40 milliards de Fcfa) et Gabon (9 milliards de Fcfa). Après un échec essuyé sur son émission de 15 milliards de Fcfa en OTA Obligations du trésor assimilable de 2 ans rémunérées à 6%, le Tchad revient avec une levée de 40 milliards de Fcfa avec les mêmes caractéristiques. A travers cette opération, le pays de Mahamat Idriss Deby espère collecter la totalité de cette enveloppe, lui qui n’avait mobilisé que 8,20 milliards sur 15 milliards de Fcfa sollicités il y’a deux semaines (soit un taux de couverture de 54,72%).
Et pourtant, le Tchad ne cesse de proposer des taux d’intérêts alléchants aux investisseurs sur ses émissions. Pour preuve, à fin mars 2024, il est déclaré deuxième meilleur client des investisseurs sur le marché monétaire de la Cemac. D’après les statistiques de l’institution d’émission monétaire (Beac), le pays a servi un taux d’intérêt global de 7,25% sur ses Bons de trésor assimilables (BTA) et 9,65% sur ses OTA.
En effet, au cours de la période mentionnée supra, la RCA bat le record de la rémunération des investisseurs sur les obligations, avec un taux d’intérêt moyen de 10,41%, contre 8,70% pour les bons, soit le plus élevé du marché. A côté de la Centrafrique, leader du marché en matière de rémunération des investisseurs et du Tchad, viennent le Cameroun, le Congo et le Gabon. A cette période, la Guinée Equatoriale n’est pas classée au hit-parade des meilleurs taux d’intérêt servis sur le marché.
Bien qu’ayant affiché le deuxième taux d’intérêt le plus élevé à fin mars 2024, le Tchad est classé troisième État le moins dynamique du marché derrière la Guinée Equatoriale et la RCA. Pour preuve, à fin septembre 2023, l’encours des levées de fonds de ce pays de la Cemac est de 848 milliards de Fcfa (12,5 % du total) contre 285,6 milliards de Fcfa (4,3 %) pour la Guinée Equatoriale et 202,9 milliards de Fcfa (3 %) pour la RCA. Malgré le durcissement de la politique monétaire de la Banque centrale visant à restreindre l’accès aux financements, caractérisé par la réduction de la liquidité dans le secteur bancaire, le marché des titres publics demeure vigoureux au 31 mars 2024. Une alternative de financement pour les Etats dont la somme des encours a atteint 6 624 milliards de Fcfa, soit une légère variation mensuelle de + 0,36 %.

