Dans un communiqué signé le 11 octobre 2024, le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité publique de la République centrafricaine (RCA), réagissant à un article publié sur le site web d'EcoMatin et intitulé « Après le Congo, la RCA accuse un retard de paiement sur le marché régional », estime que l’information n’est pas exacte. Car, ledit paiement aurait été effectué.
« Le Trésor Public Centrafricain tient à préciser que, dans le cadre de sa gestion proactive de la dette, il a procédé au remboursement partiel et anticipé d’une partie de sa dette du marché. Ce remboursement a eu lieu le 18 septembre 2024 et concernait plusieurs lignes de dettes », peut-on lire. Le communiqué cite notamment une OTA (Obligation du Trésor Assimilable) de 10 milliards de FCFA arrivant à échéance le 21 septembre 2025 et rémunéré à 6,50%. À date, le pays revendique avoir remboursé 7,869 milliards FCFA.
Tout en remerciant le Trésor public centrafricain pour ces clarifications, et contrairement aux accusations laissant entendre que l’information relayée par EcoMatin est « infondée », le journal tient à apporter quelques précisions. L’article, objet de critique par les autorités centrafricaines, a, en effet, été rédigé sur la base des données fournies par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) dans son « Rapport hebdomadaire des opérations du marché des valeurs du Trésor ». Il s’agit d’un document hebdomadaire réalisé par la Cellule de Règlement et de Conservation des Titres (CRCT), publié sur le site web de la banque centrale. Ce document officiel est le seul qui, jusqu’ici, compile l’ensemble des opérations (levées de fonds, remboursements d’intérêts et de principal) enregistrées sur le marché des titres publics au courant de la semaine écoulée.
Il faut rappeler que ce document avait déjà permis à EcoMatin, il y a quelques jours, de révéler un « défaut de paiement » de la République du Congo sur le même marché. Une information qui avait également valu au journal la réprobation des autorités congolaises, avant que celles-ci ne confirment, elles-mêmes, leur risque d’insolvabilité sur le marché des titres de la BEAC, au cours de la présentation du rapport de l’exécution budgétaire à mi-parcours, le 7 octobre 2024 à Brazzaville.
C’est donc sur cette source documentaire officielle de la banque centrale qu’EcoMatin s’est à nouveau appuyé pour constater que sur la semaine du 23 au 27 septembre 2024, la République centrafricaine n’a pas réalisé de paiement sur la ligne obligataire sus-indiquée, alors que le pays était attendu pour un remboursement de 650 millions FCFA (voir le document en illustration).

En revanche, la même source indique que le Congo a réglé un total de 15,2 milliards de FCFA sur sa dette et le Gabon, environ 22,5 milliards de FCFA.
Dans son communiqué, le Trésor centrafricain indique qu’il a réalisé un paiement « anticipé ». Il se trouve cependant que ce paiement n’apparaît pas dans les précédents rapports de la CRCT. Il est donc possible, sur la foi des déclarations du Trésor centrafricain, que toutes les informations n’aient pas été renseignées dans le document de référence au moment de la publication de l’article. Quoiqu’il en soit, l’objectif d’EcoMatin n’a jamais été de nuire à la crédibilité de la République centrafricaine, ou de tout autre pays. Il est simplement question, en vertu de l’exigence de transparence qui est un principe sacro-saint des marchés des capitaux, de rendre compte à notre communauté de lecteurs des opérations en cours sur le marché régional des valeurs du Trésor.
Notre objectif étant de participer à la promotion de l’inclusion financière à travers la veille informationnelle, EcoMatin est prêt à collaborer avec les autorités centrafricaines et de la BEAC pour une meilleure harmonisation de la communication sur les opérations du marché, afin que la presse puisse donner l’information au public et aux investisseurs en temps réel et sans équivoque. Enfin nous adressons une fois de plus à la Direction Générale du Trésor de la République Centrafricaine toute notre gratitude pour les informations chiffrées qu'elle a bien voulues mettre à notre disposition dans sa réaction. Elles feront l'objet d'une actualisation de l'article et publiées auprès de nos lecteurs. Enfin, nous lui assurons toute notre disponibilité pour une collaboration plus étroite.

