Le 18 avril dernier, le Trésor public gabonais a initié trois opérations de levée de fonds de 10 milliards FCFA chacune sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Il s’agissait de Bons du Trésor Assimilables (BTA) à 26 semaines et d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA) à 2 et 3 ans. Les deux dernières émissions, réalisées dans le cadre d’un abondement (mobilisation de montants additionnels à partir d’obligations déjà émises), affichaient des taux d’intérêt respectifs de 5 % et 5,50 %.
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À la clôture, les trois opérations ont été déclarées infructueuses, faute de souscriptions aux conditions prévues par le Trésor public. Cet échec, qui intervient peu après la victoire d’Oligui Nguema — conforté dans les urnes avec 90,4 % des suffrages selon les résultats provisoires du scrutin du 12 avril —, illustre la réticence persistante des investisseurs vis-à-vis des titres émis par l’État gabonais.
Un désamour régional pour la dette souveraine ?
Malgré l’importance des besoins de financement, les investisseurs, en majorité des banques commerciales agréées comme Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), adoptent une posture de plus en plus prudente vis-à-vis des émissions souveraines en zone CEMAC. Le Gabon n’est d’ailleurs pas le seul à en faire les frais.
Selon la BEAC, le Cameroun, qui cherchait à lever 70 milliards FCFA sur des obligations allant jusqu’à 10 ans le 14 avril, n’a recueilli que 29,9 milliards FCFA, avec une émission déclarée infructueuse. Le Congo-Brazzaville, de son côté, n’a levé que 112,6 milliards FCFA sur six émissions pour un objectif de 215 milliards FCFA, sur des maturités allant de 13 semaines à 5 ans. Ces contre-performances traduisent un durcissement des conditions d'emprunts dans un contexte inflationniste élevé couplé à la volonté des banques commerciales de réduire leurs expositions sur les dettes souverraines.
Ce faible taux de couverture intervient alors que le Gabon, deuxième État emprunteur sur ce marché à fin février 2025, prévoit de mobiliser 977,5 milliards FCFA cette année pour combler son déficit budgétaire. L’échec de cette émission constitue donc un signal d’alarme sur les conditions d’accès au financement intérieur pour le pays.
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