La Guinée Equatoriale se penche sur l’option d'implanter les technologies satellitaires de la société américaine Starlink à travers le pays. Cette possibilité a été mise sur table par le gouvernement le 3 mars dernier lors de la présentation du rapport de l’audit sur le projet de télévision numérique terrestre (TNT). Après l’échec de ce projet, le gouvernement étudie « la possibilité d’intégrer des technologies satellitaires avancées, y compris Starlink ». La mise en œuvre de ce projet s’effectuera dans le cadre réglementaire actuel du GITGE, l'organisme public chargé de la gestion et du développement des infrastructures de fibre optique en Guinée Équatoriale. À cette fin, le Vice-Président Nguema Obiang Mangue a créé un comité de négociation chargé d’analyser les aspects de la distribution, du marketing et de l’adéquation réglementaire.
Si le projet avec Starlink se concrétise, la filiale de Space x renforcerait sa présence sur le continent africain. Le fournisseur d’accès à internet à haut débit est actuellement présent dans plus de vingt pays en Afrique. En zone CEMAC, la Guinée Equatoriale deviendrait le 3e pays après le Tchad et la République centrafricaine à bénéficier des services satellitaires de Starlink.
A noter que contrairement aux services satellites traditionnels, Starlink utilise une constellation de milliers de petits satellites en orbite terrestre basse (environ 550 km), ce qui permet de réduire considérablement le temps de latence et d’offrir des vitesses comparables à la fibre optique même dans les zones reculées.
Cette mesure du gouvernement équato-guinéen survient suite à l’échec de TNT. Le projet avait été lancé en 2015 avec l’entreprise portugaise Wayang Teknical. Le projet visait à moderniser le paysage audiovisuel et assurer une couverture numérique efficace. Après plus de 10 ans, le projet reste inachevé marqué par des défaillances de la part de l’entreprise. Le rapport d’audit sur le projet mené par le gouvernement indique sur les 12 antennes installées, seules 4 peuvent être provisoirement reçues par le gouvernement. Le pourcentage global d’installations s’élève cependant à 72 %, avec de multiples erreurs techniques graves et répandues. Selon le même rapport, sur les 24 générateurs installés, seuls 7 fonctionnent tandis que les autres subissent des dommages graves et irréparables.
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D’une manière globale, le gouvernement précise que 78 % des matériaux prévus pour la première phase ont été acquis, mais leur mauvaise qualité, leur installation défectueuse et leur conservation insuffisante empêchent la mise en œuvre efficace du réseau sur la plupart des sites. A la suite de ces résultats, le gouvernement a décidé d’exclure la société Wayang TeKnical de la continuité du projet, déplorant ainsi des pertes évaluées à 10 milliards FCFA sur ce projet. En conséquence, le gouvernement a lancé un appel d’offres international afin de sélectionner les entreprises intéressées à exécuter le projet TNT.

