Le géant français du pétrole TotalEnergies prévoit d’investir 600 millions de dollars (plus de 362 milliards de Fcfa) au Congo cette année, dans le cadre du renforcement de ses activités de production et d’exploration dans le pays. L’annonce de cet investissement a été faite par le PDG de l’entreprise Patrick Pouyanné, lors d'une audience à lui accordée par le président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso, le 19 mai à Oyo.
Selon les déclarations du patron de la compagnie pétrolière française, l’investissement ainsi projeté va notamment permettre de financer les activités d’exploration et aussi, maintenir la production en offshore profond, du champ de Moho Nord dont la capacité est de 140 000 barils de pétrole par jour, soit plus de la moitié de la production congolaise. « TotalEnergies continue à être très actif au Congo et je voulais partager cette nouvelle avec le président Denis Sassou Nguesso », a confié Patrick Pouyanné aux médias. TotalEnergies à travers sa filiale TotalEnergies EP Congo, a signé en avril un accord portant sur l’acquisition auprès de Trident Energy d’une participation supplémentaire de 10% dans le permis Moho. Ainsi, au terme des transactions, l’entreprise détiendra une participation opérée de 63,5% dans ledit permis, aux côtés de Trident Energy (21,5 %) et de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC, 15 %).
Moho Nord au centre des attentes
Le champ de Moho Nord est en effet un vaste projet opéré par TotalEnergies qui vise à produire les réserves de pétrole encore non exploitées de Moho-Bilondo. Ce permis, qui s’étend sur 320 km2 par des profondeurs d’eau de 750 à 1200 mètres, regroupe quatre réservoirs dont deux sont entrés en exploitation en 2008 avec la mise en production d’une unité flottante de production (FPU) dénommée Alima. C’est avec le projet Moho Nord que le second développement du champ va être lancé. Ainsi, en 2015 débute la phase 1 Bis qui a consisté à moderniser le FPU Alima et y raccorder 9 nouveaux puits. Ce redéveloppement apprend-on, a permis à TotalEnergies d’assurer une production supplémentaire de 40 000 barils de pétrole par jour. La deuxième phase, lancée en 2017 concerne l’exploitation des deux derniers réservoirs (réservoirs miocène et albien) qui contiennent des huiles situées à deux profondeurs d’eau différentes et réparties sur 33 puits. Les pétroles obtenus sont acheminés par pipeline vers le terminal côtier de Djéno.
Bientôt le forage du puits sur le permis Marine XX
L’autre projet qui va bénéficier des investissements de TotalEnergies, concerne le permis Marine XX qui regorge des hydrocarbures liquides ou gazeux, dont le champ pétrolier est situé en offshore très profond. Cette zone d’exploration s’étend sur une superficie de 3 285,8 km2 pour une profondeur d’eau estimée à 2000 m. « Deux appareils de forage sont arrivés ce mois-ci au Congo, rassure Patrick Pouyanné. Un appareil va forer un puits pétrolier qui est attendu sur le permis Marine XX. Il s’agit d’un bon prospect, nous espérons pouvoir revenir dans quatre mois annoncer une jolie découverte au Congo ». Conformément à la loi congolaise sur les hydrocarbures, le permis d’exploration de ce champ pétrolier devrait être attribué à la Société nationale des Pétroles du Congo, tandis que la conduite des opérations pétrolières sera assurée par TotalEnergies EP Congo.
Partenaire historique de la République du Congo, le géant français est le premier opérateur pétrolier du pays. La multinationale française contrôle plus de la moitié de la production nationale. Ainsi, grâce à l’investissement annoncé, le pétrolier français devrait voir ses parts de marcher augmenter dans le pays, dans un contexte où Brazzaville table sur des recettes pétrolières à la hausse en 2024. En effet, alors que les principaux producteurs d’hydrocarbures de la zone Cemac se projettent sur des performances baissières à l’instar du Tchad qui s’attend à une chute des recettes de l’or noir de l’ordre de 34 milliards de Fcfa, le Congo se veut plus optimiste en pondérant ses objectifs de recettes pétrolières à 1 464,9 milliards de Fcfa, en hausse de 11,1% par rapport à 2023.

