Malgré un potentiel touristique reconnu, le secteur peine encore à jouer un rôle moteur dans l’économie camerounaise. D’après les chiffres rendus publics en mars 2025 par l’ex-ministre du Tourisme et des Loisirs, Bello Bouba Maïgari, le Cameroun compte officiellement 930 sites touristiques. Pourtant, cette richesse naturelle et culturelle reste faiblement valorisée : le tourisme ne contribue qu’à 4,1% au produit intérieur brut (PIB), tout en générant environ 15% des emplois directs et indirects. Ce contraste entre potentiel et performance économique alimente, depuis plusieurs années, les critiques de parlementaires et d’acteurs du secteur sur les faiblesses structurelles de l’activité touristique.
C’est dans ce contexte que le gouvernement entend désormais repositionner le tourisme comme un véritable levier de mobilisation des ressources publiques. Gabriel Mbairobe, ministre du Tourisme et des Loisirs par intérim, enjoint ses équipes de renforcer sa contribution aux finances de l’État. À l’occasion du lancement officiel de son budget de ce département pour l’exercice 2026, ce 10 mars à Yaoundé, les responsables ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation accrue des recettes non fiscales et d’une meilleure discipline dans l’exécution de la dépense publique.
Un signal qui traduit la volonté des autorités de transformer progressivement le tourisme en secteur générateur de revenus pour l’État. La cérémonie organisée à Yaoundé avec l’appui technique du ministère des Finances, du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire et du ministère des Marchés publics, a servi de cadre pour rappeler les exigences qui entourent l’exécution de la loi de finances 2026. Dans un contexte international marqué par la persistance des tensions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine et les crises au Moyen-Orient, le gouvernement appelle les acteurs de la chaîne budgétaire à plus de rigueur dans la gestion des ressources publiques. Mais au-delà des aspects techniques liés aux procédures d’exécution du budget, le message adressé aux responsables du secteur est clair : le tourisme doit contribuer davantage aux recettes de l’État.
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Les responsables du ministère sont ainsi invités à renforcer le recouvrement des recettes non fiscales et à améliorer les mécanismes de suivi des ressources générées par les activités du secteur. Cette orientation s’inscrit dans la dynamique plus large de diversification des ressources publiques engagée par les autorités. Dans un contexte où les marges budgétaires restent contraintes, l’État cherche à mieux valoriser le potentiel économique de certains secteurs de services, dont le tourisme. La redynamisation des recettes non fiscales apparaît ainsi comme un levier pour accroître l’autonomie financière du ministère et améliorer la soutenabilité de ses programmes. Dans cette perspective, une attention particulière devra être accordée à la performance des structures hôtelières relevant du portefeuille public ou placées sous gérance libre. Les responsables du ministère ont été appelés à veiller à une meilleure exécution des ressources et des charges récurrentes afin d’assurer la rentabilité de ces infrastructures et la maintenance durable des ouvrages réalisés par l’État.
L’amélioration de la qualité de la dépense constitue également un axe majeur de la stratégie gouvernementale. Les acteurs de la chaîne budgétaire ont été invités à limiter le recours aux procédures dérogatoires et à renforcer le respect des règles encadrant la passation et l’exécution des marchés publics. La certification du service fait, préalable à toute liquidation de dépense, figure également parmi les exigences rappelées lors de cette rencontre. L’exécution du budget 2026 s’appuie, notamment sur la circulaire signée le 31 décembre 2025 par le ministre des Finances, fixant les instructions relatives à l’exécution, au suivi et au contrôle du budget de l’État et des entités publiques. Ce document constitue le principal cadre de référence pour l’ensemble des ordonnateurs, contrôleurs financiers et comptables publics impliqués dans la gestion des crédits.
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Au-delà de la discipline budgétaire, ces orientations s’inscrivent dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND-30). Dans le secteur « industries et services », auquel appartient le tourisme, les priorités portent, notamment, sur la promotion du label « Made in Cameroon », le renforcement des incitations fiscalo-douanières et le développement des chaînes de valeur. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de transformer progressivement le tourisme en véritable moteur économique, capable de générer des ressources propres tout en contribuant à la diversification de l’économie camerounaise.

