Le discours du nouvel an 2025 du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), prononcé le 31 décembre dernier, était à forte connotation économique. Maurice Kamto qui ne s’explique pas que le Cameroun fasse du surplace quand il ne recule pas tout simplement sur le plan des performances économiques aujourd’hui « loin derrière celles de pays de niveau comparable en Afrique », a critiqué l’endettement public qui ne cesse de s’aggraver, « et à des taux d’intérêt quasi usuraires », « pour des investissement invisibles ou inachevés à date, mettant ainsi un lourd fardeau sur les épaules de nos enfants qui devront payer pour notre légèreté et nos malversations ».
Au plan social, l'opposant au régime de Yaoundé a décrit une situation catastrophique avec une hausse continue des prix des denrées de base sur le marché qui rend le coût de la vie insupportable pour nos populations, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables. « L’augmentation successive des prix des carburants, sous le prétexte mensonger de la suppression des subventions de l’Etat, contribue à la cherté de la vie, alors que notre pays est un producteur de pétrole, si modeste soit-il », a lancé celui qui, à l’occasion, a à nouveau annoncé qu’il briguera à nouveau la présidence de la République cette année après une première tentative en 2018.
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Maurice Kamto estime que le gouvernement et le Fmi entretiennent une « duperie » au sujet de la subvention par l’Etat des produits pétroliers. Une subvention étant entendue comme « une aide financière se traduisant par une prise en charge d’une partie du prix de revient d’un produit par l’Etat », « l’examen de la structure des prix des carburants à la pompe ne laisse percevoir aucune trace de subvention ». Il soutient que le pouvoir en place et le Fmi « mentent de manière éhontée au peuple camerounais » pour justifier la double hausse des prix des prix des produits pétroliers à la pompe intervenue début 2023 et 2024. Il n’a pas manqué de pointer l’’état catastrophique des infrastructures routières, les pénuries chroniques d’eau potable et les coupures intempestives et prolongées de l’électricité « qui détruisent les outils de production des entreprises, compliquent la vie des ménages et empêchent l’industrialisation du pays ». « Je rappelle que le Nigeria voisin, qui a supprimé les subventions sur les carburants se retrouve en décembre 2024 avec un prix à la pompe de 0.751 $US (soit environ 470 Fcfa) le litre, suite à une hausse des prix de 15% sur son marché », appuie-t-il.
Une nouvelle raffinerie
Maurice Kamto s’engage en conséquence à ramener, s’il est élu au terme de l’élection présidentielle théoriquement prévue en octobre de cette année, le prix du litre du super autour de 480 Fcfa, à prix constants sur le marché international. « Le surplus prélevé sur le prix de revient par litre permettra de réaliser, dans les plus brefs délais, une raffinerie de dernière génération, dont la mise en marche permettra de baisser davantage les prix pour les situer dans la moyenne des pays producteurs et transformateurs de pétrole », promet le candidat. L’ancien ministre délégué auprès de la Justice s’élève contre la mauvaise gestion des finances publiques et des ressources du pays, qui a conduit à une fuite dans un endettement « que certains prétendus analystes qualifient de modérée voire faible, alors qu’il s’agit d’une dette essentiellement toxique, car notre pays est rendu à un point où il doit recourir à de nouveaux emprunts pour régler les anciens. Cela est très frappant lorsque l’on considère la zone Franc dans son en ensemble, le Cameroun y apparaît comme le pays le plus endetté auprès de la Chine et de la France, devant des pays qui, a priori, se classent devant lui en matière de dette sur la scène continentale ».
Dans ce discours de campagne avant l’heure, il souligne, s’agissant de la stratégie visant un ralentissement de l’endettement, la nécessité de se mettre résolument au travail et d’imposer aux structures publiques un niveau de dépenses à la mesure des moyens du pays. « C’est pourquoi nous nous engageons notamment, à réduire drastiquement le train de vie de l’Etat, à accroître substantiellement la production dans tous les secteurs de l’activité économique nationale et accélérer l’industrialisation du pays, afin de devenir une économie fortement exportatrice et de redresser la balance commerciale, à instaurer la bonne gouvernance en étant intraitable sur la corruption et les détournements des fonds publics, à l’amélioration significative du pouvoir d’achat, afin de booster la consommation et stimuler en même temps la production locale, source de croissance économique ».
Candidat malheureux à la dernière présidentielle (il s’était classé deuxième derrière Paul Biya, avec 12% des voix), le féru de droit s’engage en outre « à mobiliser effectivement les recettes de l’exploitation des nombreuses ressources naturelles du pays au profit du développement national. Le récent rapport de la Chambre des comptes sur l’exécution de la loi des finances 2023 laisse pantois devant le niveau de pillage de la fortune publique par les personnels de l’Etat et leurs complices, quand on y découvre, par exemple, qu’en un an l’Etat aurait prélevé les ridicules sommes de 8.000 Fcfa sur le conditionnement du bois, et de 18.430 Fcfa sur les jeux de hasard. Ceci, assure-t-il, « n’est qu’une indication de quelques actions économiques urgentes que nous nous engageons à mettre en œuvre pour amorcer la réforme en profondeur et la modernisation du Cameroun. Notre programme de gouvernement en vue de l’élection présidentielle de 2025 sera rendu public en son temps ».

