Le Premier Ministre congolais, Anatole Collinet Makosso, a publié une circulaire interdisant aux autorités gouvernementales, autorités civiles, parlementaires, hauts cadres de l’administration, à l’exception du chef de l’État, toute mission à l’étranger jusqu’à la fin de l’année en cours. «Les missions à l’étranger des membres du gouvernement, des hauts fonctionnaires et autres agents de l’Etat, financées par le budget de l’État, sont suspendues jusqu’à la fin de l’année 2024, à l’exception de celles impliquant le président de la République », peut-on lire dans le document du chef du gouvernement.
La circulaire du Premier ministre, prise en conformité avec l’instruction du chef de l’État Denis Sassou Nguesso en Conseil des ministres, précise que les seules participations en visioconférence seront privilégiées durant cette période. Une décision qui intervient dans un contexte de conjoncture difficile marquée par d’innombrables défis que doit relever le pays.
De fait, lors du Conseil des ministres du lundi 7 octobre dernier, le gouvernement relevait que « la situation de la trésorerie est plutôt tendue, se caractérisant par une gestion complexe des arriérés intérieurs et extérieurs avec une accumulation d’arriérés intérieurs et extérieurs, notamment ceux liés à la dette de marché des titres de la CEMAC». Dans cette optique, le Conseil des ministres préconisait, entre autres mesures, de «rationaliser les dépenses publiques, celles-ci devant en priorité être dirigées vers les secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’éducation, la santé, et l’emploi des jeunes».
Au lendemain de la diffusion de cette circulaire du chef du gouvernement, le Président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, à l’ouverture de la session budgétaire qui s’achève le 23 décembre prochain, n’a pas manqué de souligner que le pays fait face à des tensions financières. Celles-ci entraînent des retards dans le paiement des salaires des fonctionnaires et agents publics, des pensions-retraites, des bourses aux étudiants, et autres divers traitements. Un chapelet de difficultés auxquelles s’ajoutent des pénuries de carburant, d’eau potable, d’électricité ainsi que des difficultés dans la collecte et le ramassage des ordures ménagères notamment à Brazzaville.
La décision du Premier ministre intervient dans la foulée de la mise en place du Programme national des titres publics, une opération qui permet au pays de rééchelonner sa dette de marché de 10 ans, question de lui permettre de réaliser des marges de manœuvre budgétaire et de créer de la liquidité pour oxygéner ses caisses et assurer le financement de projets de développement.

