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Loin d'être un coup de tonnerre, cette communication confirme pourtant la situation de quasi-faillite de cette entreprise qui pique du nez lentement mais sûrement. Face à une situation de plus en plus catastrophique, la compagnie aérienne a tenu dans l'urgence un conseil d'administration. C'était le 16 avril 2019, quelques heures seulement après un coup de colère des délégués du personnel. Au terme de ce conseil d'administration, des mesures transitoires de redressement ont été arrêtées : réduction des fréquences et des dessertes non rentables, stabilisation de la flotte, avec au moins 1 MA60, 1 Q400, le B737 de Karinou et un autre avion de location, reconstitution de la flotte de la compagnie à très moyen terme avec l'acquisition au moins de 2 Boeing 737 NG en échange, mesures d'austérité et paiement des arriérés de salaires.
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En application de ces instructions, apprend-on, venues du président de la République, Camair Co décide de suspendre ses vols à destination d'Abidjan, Dakar, Libreville, Bangui, Cotonou et Lagos. Si d'après ce message, les vols domestiques se poursuivent, les spécialistes du secteur doutent des capacités de la compagnie aérienne, à assurer les dessertes intérieures que sont, en provenance de Douala: Yaoundé, Bafoussam, Bamenda, Ngaoundéré, Maroua et Garoua. Ce, faute d'avions. C'est d'ailleurs l'une des raisons de la colère du collectif des syndicats nationaux des transports aériens. Ce a déposé le 24 avril 2019, un préavis de grève annonçant une cessation de travail dès le 2 mai 2019. Conditions Le collectif dénonce successivement « la paupérisation du personnel, l'arrêt quasi-total de l'exploitation de la compagnie, le manque de moyens financiers, la perte progressive de la clientèle, la dégradation du service à bord, la quasi-inexistence du cargo, le manque d'un code de rémunération, le sous-effectif des pilotes, la démission des cadres, la modification unilatérale par la direction générale des contrats de travail, l'exclusion totale de Camair Co des opérations du Hadj, le non-reversement systématique des cotisations CNPS, le non-reversement systématique des cotisations syndicales retenues à la source par l'employeur, l'ouverture manifeste du ciel camerounais aux compagnies étrangères et le non-renouvellement du conseil d'administration de Camair Co ». En plus du non-paiement de trois mois d'arriérés de salaires. Les syndicats posent comme conditions à la levée du préavis de grève, « le paiement sans délai de 3 mois d'arriérés de salaires à tout le personnel, la réhabilitation de la flotte de la compagnie, l'aboutissement du code de rémunération chiffré et négocié, le paiement de la médecine du travail, la prime d'assurance multirisque professionnelle des navigants, l'assurance maladie pour le personnel, la rationalisation des ressources humaines, l'exclusion d'un quelconque plan social, et la résolution de tout autre problème d'ordre social, technique, réglementaire et/ou administratif pouvant être évoqué pendant les négociations entre partenaires sociaux ».

