Brussels Airlines va augmenter ses tarifs à partir de janvier 2025. Cette décision découle de l'introduction d'une nouvelle surtaxe environnementale, décidée par Lufthansa, la maison mère de la principale compagnie aérienne belge. Ce supplément, qui variera entre 1 et 72 euros par vol, sera appliqué sur tous ses vols partant des aéroports européens vers le reste du monde, et donc, le Cameroun et la République Démocratique du Congo (RDC), ses deux principales destinations en Afrique centrale.
A titre d’exemple, le coût supplémentaire pour les voyageurs culminera à près de 36 euros pour un vol entre Bruxelles et Kinshasa, tandis que les vols intra-européens verront une augmentation plus modeste. Cependant, le coût de l’augmentation des prix des vols à destination de Douala et Yaoundé n’ont pas encore filtré. Mais à première vue, celle-ci devrait grandement contribuer à renforcer les résultats financiers du transporteur belge qui contrôle 15,63% des parts de marché au Cameroun en 2022, derrière Air France (20,21%) et Ethiopian Airlines (16,35%), selon le dernier bulletin statistique du transport aérien publié par l’Autorité Aéronautique du Cameroun (Ccaa).
Selon la maison mère Lufthansa, cette augmentation des tarifs a pour but de couvrir les coûts supplémentaires liés aux exigences environnementales qui imposent des coûts supplémentaires aux compagnies aériennes. Cette mesure fait partie d'un effort plus large pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Les nouvelles exigences environnementales incluent des quotas pour le mélange de carburants d'aviation durables (SAF) et des ajustements au système d'échange de quotas d'émission de l'UE (EU ETS). Ainsi, à partir de janvier 2025, tous les départs de l'Union européenne devront inclure au moins 2% de SAF. D'autres exigences internationales, telles que le système de compensation et de réduction des émissions de carbone pour l'aviation internationale (Corsia), s’ajoutent également aux coûts. Lufthansa, qui investit massivement dans les technologies vertes, estime ne pas pouvoir supporter seul ces coûts supplémentaires croissants.
L'introduction de cette surtaxe environnementale marque un tournant dans la politique tarifaire des compagnies aériennes du groupe Lufthansa qui a mis l'accent sur la modernisation accélérée de sa flotte et l'adoption de carburants d'aviation durables. La nouvelle surtaxe étant une étape essentielle vers la réalisation de ces objectifs environnementaux, malgré les implications financières pour les passagers. Brussels Airlines se trouve donc dans l'obligation de répercuter ces frais sur ses passagers. Cette mesure, bien que nécessaire pour répondre aux nouvelles normes environnementales, risque d'affecter les habitudes de voyage en Afrique centrale.

