La compagnie aérienne congolaise ECAir vient d'annoncer l'ouverture de nouvelles lignes stratégiques à partir du 30 juin 2025, reliant directement Brazzaville aux capitales camerounaises, Douala et Yaoundé, ainsi qu'à Libreville au Gabon. Ces nouvelles dessertes seront opérées avec une fréquence de deux vols par semaine vers Douala et Yaoundé (les lundis et vendredis), et autant de vols hebdomadaires vers Libreville (les mardis et samedis). Selon le transporteur brazzavillois, les réservations pour le vol inaugural sont ouvertes depuis le 11 juin. « À partir du 30 juin, ECAir connecte Brazzaville aux capitales de la sous-région. Profitez de la simplicité. Réservez sur fly-ecair.com ou via l’appli FlyECAir. », précise le communiqué d'ECAir, marquant son retour sur la scène régionale avec des ambitions claires.
Cette offensive commerciale positionne directement ECAir comme un nouvel acteur important sur ces dessertes sous-régionales clés. Concrètement, l'arrivée d'ECAir sur ces routes bouscule le marché et offre de nouvelles options de déplacement aux voyageurs, notamment face à une Camair-Co confrontée à d'importantes difficultés financières et opérationnelles. Une comparaison des tarifs, basée sur les programmes de vols actualisés des deux compagnies, révèle des positionnements distincts. Pour la liaison Brazzaville - Douala, ECAir propose un vol direct à partir de 169 160 Fcfa en aller simple et 293 120 Fcfa pour un aller-retour.
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En comparaison, un aller simple Douala - Brazzaville avec Camair-Co est affiché à environ 263 000 Fcfa (soit 401 euros), tandis qu'un aller-retour Yaoundé (Nsimalen) - Brazzaville coûte environ 328 000 Fcfa (soit 502 euros). Pour la desserte Yaoundé - Libreville, Camair-Co propose des billets à partir de 241 100 Fcfa l'aller-retour, et entre Douala/Yaoundé et Pointe-Noire, l'aller-retour débute à 296 417 Fcfa. Bien que les points de départ et d'arrivée ne soient pas toujours identiques pour une comparaison parfaite, l'entrée d'ECAir avec des vols directs depuis Brazzaville vers les capitales camerounaises et gabonaise crée une pression tarifaire directe et notable sur les liaisons régionales, en particulier celles opérées par Camair-Co. Les vols d'ECAir offrent ainsi une connectivité optimisée et un positionnement tarifaire compétitif pour les passagers au départ de Brazzaville, forçant les autres acteurs du marché à réévaluer leurs stratégies.
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L’expansion sous-régionale d’ECAir en Cemac s'inscrit dans la volonté du gouvernement congolais de doter le pays d'une compagnie aérienne nationale forte et compétitive, capable d'allier développement économique par le tourisme et opportunités d'emploi. Elle survient également six mois après l'annonce par Brazzaville du projet de fusion des deux compagnies aériennes publiques congolaises, Nouvelle Air Congo et ECAir, une initiative visant à optimiser les dépenses et à créer un acteur unique sur un marché aérien domestique jugé peu dynamique. La compagnie, qui a relancé ses activités en mai 2024, après huit ans d’arrêt en raison d'une dette de près de 14 milliards de Fcfa, assure disposer de « mécanismes de financement » garantissant sa « stabilité et solidité financière et opérationnelle », le mettant à l'abri des problèmes de gouvernance ayant conduit à sa faillite passée.
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Il faut noter que l'actuelle capacité d'expansion d'ECAir repose sur une flotte de 6 appareils. Rappelons qu’en juillet 2024, le ministère congolais de la Coopération internationale avait d'ailleurs finalisé l'allocation de trois avions de type ARJ21, d'une capacité de 70 à 90 places, par la compagnie chinoise Aviation Industry Corporation of China (AVIC). Ces aéronefs du constructeur chinois Comac sont un pilier de la coopération sino-congolaise et sont cruciaux pour le programme d'expansion d'ECAir en zone CEMAC et au-delà, tel que l'avait souligné le ministre Denis Christel Sassou Nguesso.

