Le Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) a annoncé la mise en place d’un mécanisme de financement et de connectivité aéronautique de 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards FCFA) destiné à soutenir les compagnies aériennes africaines. L’initiative a été lancée le 25 février à Nairobi, à l’occasion du Forum sur les compagnies aériennes, les capitaux et la connectivité, co-organisé avec l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA). Elle s’inscrit dans le cadre du Programme intégré de transformation de l’aviation (IATP) de la Banque, présenté comme un levier structurant pour renforcer la compétitivité du secteur.
Ainsi, sur les cinq prochaines années, le dispositif prévoit d’investir dans le financement d’aéronefs ainsi que dans les infrastructures de fret, les aéroports et les systèmes de navigation aérienne. Le programme inclut des solutions de renouvellement et de location de flottes afin de faciliter l’accès des transporteurs africains à des appareils plus économes en carburant, à des conditions financières compétitives. L’IATP repose sur trois piliers : l’amélioration des politiques publiques, de la sécurité et des capacités techniques ; la modernisation des compagnies via une plateforme panafricaine de financement ; et le développement des infrastructures et de la logistique. Un second mécanisme, fondé sur une plateforme régionale de sukuk (obligations islamiques, Ndlr.) mutualisés, doit appuyer le financement des infrastructures aéroportuaires et de l’espace aérien.
Selon la BAD, cette initiative s’intègre au plan continental de 30 milliards de dollars porté par l’Union africaine pour les infrastructures aéronautiques. Elle vise à réduire la fragmentation du secteur, à accélérer la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain et à soutenir l’intégration commerciale dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). En toile de fond, l’enjeu est de renforcer la connectivité intra-africaine, encore limitée, et de positionner l’aviation comme un moteur de croissance et d’intégration économique sur le continent.

