La compagnie Air France, filiale du groupe Air France-KLM, a publié le 19 février ses résultats opérationnels 2025 faisant apparaître un recul de ses performances en Afrique. La recette unitaire y diminue sous l’effet d’un yield — la recette moyenne par passager et par kilomètre transporté — en baisse (-1 %) et d’un taux de remplissage en recul de 4,1 points à 82 %. « Cette évolution s’explique par l’impact des élections présidentielles en Côte d’Ivoire et au Cameroun ainsi que par le renforcement de la concurrence des compagnies aériennes locales », indique le rapport.
Selon la compagnie, les périodes électorales ont réduit les déplacements d’affaires et institutionnels, traditionnellement moteurs du trafic premium en Afrique francophone. À cela s’ajoute un facteur réglementaire : le durcissement des visas vers les États-Unis a pesé sur le trafic de correspondance via les hubs de l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle et celui d'Amsterdam-Schiphol. Parallèlement, la pression tarifaire s’accentue avec le retour sur Paris de Air Côte d’Ivoire et la présence de Corsair International sur cette ligne.
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Conséquence directe, le nombre de passagers transportés par Air France en Afrique recule de 3,7 % au quatrième trimestre 2025, passant de 1,022 million à 986 000 voyageurs. Sur l’ensemble de l’année, la compagnie totalise 3,935 millions de passagers contre 3,983 millions en 2024 (-1,2 %). Le trafic en passagers-kilomètres transportés diminue de 0,5 % à 24,5 milliards malgré une hausse de 1,7 % de l’offre en sièges. Le coefficient d’occupation ressort ainsi à 84,6 %, en recul de 1,8 point. L’Afrique apparaît comme le principal point faible du réseau long-courrier alors que la recette unitaire mondiale progresse de 2 %. Le fret aérien mondial (-10,7 % au T4) a également pesé sur une région traditionnellement forte en flux périssables et miniers.
Cette contre-performance intervient dans un contexte de recomposition du marché africain. Au Cameroun, Camair‑Co renforce ses opérations régionales via des appareils loués, tandis que plusieurs transporteurs africains récupèrent progressivement des parts de marché. Air France subissait déjà depuis 2023 les effets de son retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Malgré une marge opérationnelle record de 2 milliards d’euros (6,1 %), l’année 2025 confirme ainsi une normalisation d’une zone historiquement très rentable pour le groupe, désormais confronté à une concurrence locale plus structurée et à une volatilité politique accrue sur ses marchés clés africains.
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