Au Cameroun, la compagnie maritime internationale Maersk durcit ses conditions de transport des conteneurs frigorifiques vers les ports de Douala et Kribi. Cette décision qui a pris effet le 11 avril dernier pourrait entraîner à court ou à long terme, une revalorisation des tarifs tant du transport des marchandises que pour les produits exportés ou importés. Et par conséquent, mettre une certaine pression aux opérateurs économiques adeptes des services de la société de transport maritime. En effet, selon la note d’information de l’armateur, « tout chargement de conteneurs frigorifiques dans les ports de transbordement avec port de déchargement à Douala ou Kribi est soumis à l’Accord de sous plan, à la Lettre de garantie (LOI) et au Connaissement Original (OBL) ».
Plus concrètement, Maersk stipule que les conteneurs frigorifiques doivent être munis d'un certificat de contrôle technique valide délivré par un organisme agréé (qui se délivre au plus tard 90 jours avant l'embarquement). Aussi, la température à l'intérieur des conteneurs frigorifiques doit être maintenue entre les valeurs spécifiées sur la lettre de transport maritime (BL) pendant tout le voyage. En plus, les expéditeurs sont tenus de fournir à Maersk un plan de chargement détaillé indiquant la disposition des marchandises dans le conteneur frigorifique. Tout compte fait, les opérateurs qui ne vont pas se conformer à ces exigences, Maersk se réserverait le droit de refuser le transport de tout conteneur frigorifique qui ne répond pas aux nouvelles exigences. À préciser que cette mesure est propre à la société Maersk, selon les responsables du Port autonome de Kribi (PAK).
Les raisons du durcissement des conditions
Maersk explique que ce durcissement des conditions est nécessaire pour garantir la sécurité et la qualité du transport des marchandises périssables. L'armateur a constaté une augmentation du nombre d'incidents liés aux conteneurs frigorifiques, tels que les avaries de température et les infestations de nuisibles pouvant dégrader la qualité des marchandises. Dans ce sens, on se souvient par exemple de la saisie de 300 conteneurs de « poissons pourris » appartenant à la société de poissonnerie camerounaise Congelcam par le Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) en juillet 2023. Pour l’armateur, le fait que le nombre de prises pour conteneurs réfrigérés soit limité au terminal de Douala et de Kribi, il est crucial pour lui d’avoir la documentation nécessaire en place avant de procéder à tout chargement pour assurer des opérations fluides et efficaces.
Conséquences pour les acteurs camerounais
Ces nouvelles exigences de Maersk pourraient avoir un impact significatif sur les importateurs et exportateurs camerounais qui utilisent des conteneurs frigorifiques pour transporter leurs marchandises vers les ports de Douala et Kribi. En effet, les exportateurs devront se conformer aux nouvelles exigences de la compagnie maritime internationale en obtenant les certificats nécessaires et en veillant à ce que la température à l'intérieur des conteneurs soit maintenue dans les limites autorisées.
Sur l'économie camerounaise, l’impact pourrait être perçu sur le secteur de l'agroalimentaire. Les exportateurs camerounais de produits périssables pourraient être contraints d'augmenter leurs prix ou de réduire leurs volumes d'exportation au grand dam des consommateurs. Il faut noter que la décision de Maersk intervient dans un contexte de tension entre Congelcam, principal importateur de poissons au Cameroun, et la régie du Terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri (filiale du Port Autonome de Douala-PAD) sur le stockage des conteneurs frigorifiques. Congelcam accuse la régie de surfacturer le stockage des conteneurs frigorifiques et de ne pas offrir des conditions de stockage adéquates.

