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Un million d’enfants déscolarisés dans les régions du NOSO et de l’Extrême-Nord

L’avenir économique de ces parties du pays en proie à des crises sécuritaires s’en trouve ainsi sérieusement hypothéqué.

Six années de lutte armée contre l’extrémisme violent ont laissé un million d’enfants non scolarisés dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord du Cameroun. Selon l’Ocha, le Bureau de coordination des Nations unies, le phénomène s’étend jusqu’au Littoral, l’Ouest, l’Adamaoua, qui accueillent une forte population déplacées du fait de l’instabilité dans les régions suscitées. Au cours des trois dernières années, au moins 70 écoles ont été détruites et des élèves et des enseignants ont été enlevés dans les deux régions anglophones où des manifestations corporatistes avaient débouché sur une crise politique en 2016.

Des statistiques recensées par l’Onu au courant de l’année scolaires font état de plus de 4 100 écoles primaires et 744 institutions scolaires restées non fonctionnelles. Sur la même période, plus de 850 000 enfants, dont près de 150 000 déplacés, n’allaient plus à l’école.

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Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun, jadis réputés pour la qualité de l’enseignement, répondent depuis le début de la crise dite anglophone à une politique permanente de non-scolarisation. Seuls 29% du personnel enseignant des deux régions y étaient en mesure de travailler. Ces derniers se trouvant principalement dans les principales villes quasi sécurisées. Bamenda, Limbe, Buea, Tiko, Mutenguene, Kumba, Mamfe.

De manière générale, l’emploi est l’une des principales victimes du choc sécuritaire persistant dans les régions anglophones. Seules des estimations entre 8 et 90% des travailleurs de la région ont fui la zone. La situation a contraint le gouvernement à envisager des actions contre les fonctionnaires désertant leurs postes d’affection. Des sanctions allant jusqu’à la suspension des salaires avaient plusieurs fois été annoncées contre des enseignants sans que cela ne les dissuade véritablement de revenir dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

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Les incidents ciblant des écoles n’ont cessé de se multiplier entre 2018 et 2019 comme ce fut le cas de l’attaque du collège presbytérien de Nkwen à Bamenda, courant 2018, au cours de laquelle 79 élèves et leurs encadreurs avaient été pris en otage avant d’être libérés 48 heures après. A moins de trois semaines de la rentrée scolaire 2020-2021, le gouvernement reste taiseux sur des mécanismes mis en place pour assurer le retour à l’école dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le silence du ministère des Enseignements secondaires contraste avec l’attitude adoptée par ce département quelques années pour annoncer la reprise des cours dans certains établissements de l’Extrême-Nord. L’école avait été paralysée dans cette partie du pays à partir de 2014, du fait des exactions de la secte Boko Haram. Quelques 2000 écoles avaient été fermées et un bon nombre détruits par les terroristes dans le Logone et Chari, le Mayo Sava et le Mayo Tsanaga.

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