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Un plan stratégique pour doper le secteur du numérique au Cameroun

Les technologies numériques aident les entreprises à devenir plus productives, les populations à trouver des emplois et élargir leurs possibilités, et les pouvoirs publics à fournir des services de meilleure qualité à tous.

Réunis à Yaoundé les 3 et 4 mars 2016 dans le cadre des Journées nationales de l’économie numérique, les acteurs des secteurs public et privé, ainsi que de la société civile ont mené une réflexion sur l’industrie locale du numérique sous le thème : « la place de l’économie numérique dans les politiques publiques en vue de l’émergence du Cameroun ». A l’issue de ce temps de réflexion, plusieurs recommandations ont été formulées en ce qui concerne les opérateurs de téléphonie mobile, les fournisseurs d’accès à internet, les développeurs de solution, l’investissement et l’accompagnement des startups ainsi que la société civile.

Les opérateurs ont suggéré l’élaboration d’un plan de développement des infrastructures à large bande. Ils ont également souhaité la mise en place des Datacenter pour les besoins de l’administration et du public, l’intégration des infrastructures d’accueil fibre optique dans les projets routiers. D’après eux, il importe aussi de faciliter l’accès aux terminaux.

Les fournisseurs d’accès à internet et les développeurs de solution ont soulevé des inquiétudes portées sur les infrastructures. Ils ont suggéré une élaboration d’un cahier de charges, de création d’entreprises autonomes chargées de la gestion des infrastructures, la clarification des critères de taxation des fréquences par région et la création d’un cadre de concertation sectoriel pour la résolution des problèmes de partage d’infrastructures. Les développeurs de solution ont émis le vœu de la création d’incubateurs développés par les acteurs, la subvention de la bande passante et de l’hébergement des applications des éditeurs de logiciels.

Révision du Code des investissements

Les milieux d’affaires ont quant à eux requis la formation des « Business analyst » pour les administrations, et l’utilisation du numérique et de la législation pour garantir les délais de paiement. En ce qui concerne l’accompagnement des start-up, la révision du Code des investissements pour permettre aux start-up de bénéficier des financements a été suggérée. Il a aussi été envisagé la révision du système de taxation des droits de téléchargement des logiciels et la création à la bourse des valeurs d’un compartiment réservé uniquement aux jeunes entrepreneurs. Les opérateurs économiques souhaitent aussi qu’il y ait une révision de la taxation en matière de douane et TVA pour les équipements informatiques.

La société civile a souhaité la protection des droits du consommateur du numérique consacrés par la loi y relative et la sensibilisation de masse sur l’arrimage au numérique. La société civile a aussi suggéré qu’il soit mis en place un Conseil national de l’économie numérique et qu’il y ait par la même occasion une plus grande sensibilisation de masse sur l’arrimage au numérique.

Internet, levier du développement durable

L’experte en économie et finance des Télécoms, Pauline Tsafak Djoumessi, affirme que « l’internet peut booster la croissance économique en Afrique et servir de catalyseur pour le développement durable ». Internet a donc un impact positif sur l’économie, entre autre, l’activité des entreprises, le PIB, la productivité, l’emploi ; les opportunités économiques des noms de domaine. Pour ce qui est des entreprises, l’analyste indique que l’analyse microéconomique du « large-bande » permet d’identifier les gains de productivité des entreprises soit +5% dans le secteur de la fabrication, +10% dans celui des services et +20% dans le secteur de l’Information.

Au niveau de l’incidence sur l’expansion des activités commerciales, sur l’innovation et sur la création de nouvelles activités, Pauline Tsafak Djoumessi explique que « les entreprises dotées d’un accès au « large bande » réaliseraient 6% de vente à l’étranger en plus ; ce taux est de 7,5 à 10% de vente en plus dans le secteur des services ». En outre, selon l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), l’impact du large-bande sur la création d’emplois semble positif, mais les incidences sur la création de l’emploi varient considérablement : de 0,2% à 5,3% pour chaque pourcent d’augmentation de la pénétration.

Les effets d’entraînement du large-bande sont plus visibles dans le secteur des services (services financiers, éducation, santé, etc.) et celui à forte composante d’information et secteurs administratifs… Des chiffres qui montrent qu’une bonne gouvernance de l’internet est un indispensable facteur de développement humain, économique, social et durable.

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